2009
Cette exposition a été pour moi l’occasion de me plonger dans l’univers d’un cinéaste mondialement réputé, mais que je connais relativement mal. Dans le cadre de la galerie du Jeu de Paume à Paris (et ce, jusqu’au 17 janvier 2010) en association avec la Cinémathèque française et l’Institut Culturel italien, cet événement souligne des aspects peu connus de l’univers de Fellini.
Tout d’abord, j’ai été le plus heureux des visiteurs étant donné qu’il n’y avait pas grand monde et donc j’ai pu satisfaire mon côté misanthrope. Eh oui, pas un chat pour une exposition : c’est le bonheur. J’ai pu totalement profiter de l’espace mis à disposition avec ses regroupements non pas chronologiques, mais bien plus par thèmes et récurrences.
Effectivement, afin de pouvoir aborder sereinement l’œuvre de Fellini (enfin si j’ai bien compris) autant s’imprégner de l’actualité de l’époque, et à chaque pas dans l’exposition, on peut voir en miroir d’un thème l’actualité de l’époque ou les sources d’inspiration dans lesquelles Fellini a puisé allègrement.
Sérieux, je ne savais même pas qu’il avait été caricaturiste, fan de Comics (Cf. Mandrake et les photos montages avec Marcello Mastroianni). L’onirisme latent dans l’œuvre de Fellini a toujours été présent, le fait de pouvoir regarder les croquis préparatoires, ou même voir des extraits de son « livre des rêves » est passionnant. Son rapport à la musique est également très particulier, visiblement il lui accordait un grand pouvoir, et donc un pouvoir certain de nuisance si elle n’était pas gérée. Son travail avec Nino Rota est souligné d’ailleurs et on appréhende bien mieux la méthodologie employée. Pouvoir appréhender les méthodes de castings, là encore, c’est particulièrement touchant, il y a un panneau qui vaut vraiment le détour à ce sujet.
Franchement, de la Strada à la Dolce Vita en passant par le Satyricon, vous pourrez en prendre plein les mirettes avec des photos de tournages, des affiches d’époque, des extraits de films, tout ça dans un chaos organisé et une joyeuse cacophonie (les projections parfois sont proches les unes des autres, et en certains points, on participe activement à deux projections simultanées d’extraits totalement différents).
Entre la censure, les récompenses, les événements divers et variés qui pouvaient ponctuer les tournages, ses obsessions, les choix politiques, les acteurs et l’ensemble de l’œuvre de Fellini, La Grande Parade permet de regarder par la petite lucarne, de faire des focus très intéressants sur l’œuvre de Fellini. Je pense que les amateurs éclairés ou les néophytes pourront trouver leur bonheur dans cette exposition.
À la sortie de l’expo, j’avais envie de m’acheter tous les DVD possibles et imaginables le concernant. Plutôt bon, signe non ?
Les détails que j’ai aimés : Fellini s’est intéressé au Hard Rock (en fait, à toutes les musiques « jeunes »), rien que pour ce point, ça ne peut être un mauvais bougre. Les trois versions de l’affiche Roma, la version italienne avec cette femme dominatrice et fière, la version française avec cette femme louve et ses six seins et enfin la version américaine excessivement classique. En y repensant, je me demande si on pourrait encore faire des affiches aussi trash de nos jours. Constater l’impact d’Anita Ekberg visuellement, starlette improbable avec cette force étonnante. Saviez-vous que le terme Paparazzi vient de Fellini, dans un de ses films, un journaliste s’appelle Paparazzo …
Tout son travail sur le catholicisme, le fascisme, la symbolique et bien entendu sa vision de la femme. Rien que pour ces quatre points, ça vaut le détour.
Galerie du Jeu de Paume
1 place de la Concorde
75008 Paris
Mardi de 12h à 21h
Du mercredi au vendredi de 12h à19h
Samedi et Dimanche de 10h à 19h
Fermeture le lundi
Tél. 01 47 03 12 50



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