2010
Rocé, France 1996.Trois albums en poche en 2010. Rap conscient : un terme qui n’est pas forcément le plus adapté. Velléité de changement. Identité En Crescendo (2006) était une tuerie, summum ingénieux de flow posés sur des compositions impériales. L’Être Humain Et Le Reverbère est sorti en mars et a la lourde charge de prendre le relai pendant quelques mois, avant une prochaine production. Tous les regards sont tournés vers la galette. Le niveau ? Les paroles ? Le son ?
Clairement, lorsque Rocé sort un album, on se pose pour voir où veut nous emmener le Monsieur. Bah oui, au niveau des lyrics, de la force des concepts évoqués, le bonhomme a toujours une mesure d’avance. Est-ce que c’est une course ? Pas vraiment (en fait). Néanmoins à ce jour, je n’ai pas trouvé plus efficace.
Avec ses douze titres, L’Être Humain Et Le Reverbère offre une matière non négligeable. C’est assez étonnant, les schémas évoqués semblent devenir plus précis. Identité en Crescendo rebondissait sur des thèmes « évidents ». Selon moi, ce nouvel album semble partir sur un niveau de réflexion plus pointu, mais du coup moins facile à aborder. En tout cas, moins fédérateur. L’image, l’esthétique, le reflet, les médias… Comme si Rocé était hanté par des problématiques liées à la réussite (pas le jeu de cartes je préfère préciser). On le sait, son cheminement, en tout cas une partie de celui-ci, était d’offrir une résistance certaine au monde du rap, star-system, etc. Le fil du rasoir est difficile à maintenir aiguisé lorsque l’on dépasse le succès d’estime. Du coup, c’est alambiqué et peut-être plus introspectif. Bien entendu, j’ai recours à du verbiage de comptoir, et pour mon analyse, il ne manque que les cacahuètes…
Pour ce qui est du son, je suis carrément moins fan, plus chaotique, plus électro, moins Old School. Je ne vais pas m’étendre là-dessus. Quant à la reprise de Jacques Brel (Les Singes), elle est sympathique et colle totalement à l’esprit de l’album. Par contre, forcément, je me dis : « le gars est capable de pondre du texte au kilomètre. Une reprise ? Arf. La forteresse mentale est fébrile ? ». (Putain gars, tu peux tourner sans ça). On va le prendre comme un coup malin ou comme une faiblesse avouée ? L’image. Bien sûr, Rocé s’en tape et fait son truc. D’un point de vue stratégique, est-ce que ça ne va pas mener au taillage de short ?
J’adore Rocé, et je suis déstabilisé par cet album. Trop de changements. Trop vite pour moi. Je suis « vieux », faut y aller doucement… Comme toujours des perles dans les textes. J’attends de voir. De toutes les manières, il passera sur Bordeaux en novembre 2010. Donc le rendez-vous est pris.
J’aime : Le Savoir en Kimono, Mon Crâne Sur Le Paillasson, Des Questions A Vos Réponses, De Pauvres Petits Bourreaux , Jeux D’Enfants, Les Singes. Les clips disponibles sont vraiment sympas, faut en profiter.
Je n’aime pas : une impression… qui me fait douter sur la direction que prend Rocé.
L’Etre Humain Et Le Reverbère
1. Carnet De Voyage D’un Être Sur Place
2. Le Savoir En Kimono
3. Mon Crâne Sur Le Paillasson
4. L’être Humain Et Le Réverbère
5. Le Cartable Renversé
6. L’Objectif (feat. Hayet)
7. De Pauvres Petits Bourreaux
8. Les Singes
9. Des Questions A Vos Réponses
10. Jeux D’Enfants
11. Si Peu Comprennent
12. Au Pays De L’Egalité
Il est vrai que moi aussi j’ai plus de mal avec les instrus.
@+
Clair, les instrumentaux sont chelous…
moi je trouve que les parole dechire mais les instrus vont avec !!!!je vois pas d’autres instrus dessus !!! je trouve sa nikel c’est le stile rocè …rien a redire .