30.06
2010

Revamp

Nous avions laissé le cadavre métallique d’After Forever en 2009. En 2010, Floor Jansen, leur charismatique chanteuse, revient sur le devant de la scène avec son nouveau combo, Revamp, et leur album éponyme sorti en mai dernier. La belle prend sa carrière en main, et, pour une première signature, appartient déjà à l’écurie Nuclear Blast, les hypogloutons du Metal. Floor nous propose un album abouti, techniquement impeccable, au son actuel. Les compositions sont signées par l’ancien clavier d’After Forever, Joost Van Den Broek ainsi que par Waldemar Sorychta, talentueux producteur et guitariste de Grip Inc. (entre autres). Floor Jansen pose les textes et les lignes de chant. Les deux musiciens cités ne font toute fois pas partie de la formation, chose surprenante dans le milieu metal, les groupes mettant d’ordinaire un point d’honneur à présenter leurs propres œuvres.

Le style de Revamp s’inscrit assez logiquement dans la continuité d’After Forever (dernière période, 2005 -2007). Le Metal proposé est puissant, technique, moderne ; oscillant entre le heavy orchestral et certains passages presque prog’- et à coup sûr virtuoses, sans oublier de bons vieux blast de derrière les fagots. Mention spéciale au batteur Matthias Landes qui réalise une prestation impeccable. La palme, vous vous en doutez, revient toutefois à Floor Jansen, chanteuse décidément inégalée dans le circuit, tant pour l’étendue, la tessiture, le timbre de sa voix mêlés à une technique sans faille. Voix de tête, rock, soprano, tout y passe ; des tenues de note sans aucun défaut, un vibrato parfait, puissance et douceur. LA voix de ces cinq dernières années, à mon avis. Si l’on ajoute à cela un ensemble musical professionnel et très solide, des invités prestigieux (Russell Allen, frontman de Symphony X, rien que ça ; ou encore Björn « Speed » Strid, hurleur en chef de Soilwork), on est certain de tenir entre les mains un des albums de l’année.

Et pourtant… malgré toutes ses qualités, Revamp manque en partie son but. L’album est certes parfait, c’est-à-dire est parfaitement ce qu’il doit être, mais il manque… Un petit supplément – le riff qui tue, la mélodie qui fera hurler le Hellfest (au hasard) comme un seul Metalhead déjanté. Le genre de riff que balancent Nightwish et Epica, en gros. Un petit supplément d’âme ou d’émotion qu’un jeune groupe comme Delain a parfaitement trouvé, par exemple. Il faudra un jour qu’un compositeur façonne pour le joyau du métal féminin un écrin à sa hauteur, quand même… Ce n’est pas encore le cas, même si j’enrage en écrivant cela. L’album a tendance à s’essouffler sur le milieu – fin, victime d’une certaine fadeur non exempte de redondance.

En résumé : un bon album, construit, aux compositions riches et complexes, servies par une voix magique ; qui mérite que vous y jetiez une oreille. Quelques refrains mémorables et une cohésion musicale impeccable. Une affaire à suivre, en espérant que le groupe trouve un équilibre et sorte quelques hymnes mémorables dignes de Floor Jansen.

Votre dévoué, Monsieurwar.

J’aime : les voix, le jeu de batterie, la production, la complexité des compositions, les chansons « Here’s my Hell », « Head Up High » « In Sickness ‘Till Death Do Us part : Disdain ».

J’aime pas : certaines compositions fades ou trop attendues.

Je vous laisse avec « Here’s my Hell », une des réussites de l’album. Pas de clip, mais la voix compense…


1 commentaire pour l'instant

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  1. Patrouchef

    Tout à fait, ce que tu m’as fait écouter colle parfaitement avec ta chronique, et les performances vocales de Floor sont tout simplement impressionnants de maîtrise, elle renvoie carrément dans les cordes Tarja, Simone et Sharon ! Quel dommage que les compos, pourtant originales et travaillées, ne parviennent pas au moins, pour l’une d’elle, à se hisser au dessus du lot. N’empêche qu’il y a d’excellentes idées et que ça m’a bien donné envie de l’acheter !