22.10
2009

Depuis un certain temps, Rammstein nous faisait miroiter la sortie de son sixième album. Quatre ans entre Rosenrot (hum) et Liebe Ist Für Alle Da . On ne présente plus ce groupe allemand de metal indus qui a su s’attirer autant la faveur des fans que celle de la censure. Bon, l’aspect industriel est quand même mis de côté depuis un petit bout de temps. Après la déception de Rosenrot, que nous réserve la dernière sortie en date ?

Pour avoir suivi un peu le process marketing de Rammstein sur Liebe Ist Für Alle Da, on peut constater qu’ils se sont aguerris de ce point de vue. Un clip classé X pour débuter le buzz (Pussy), un coffret collector avec menotte, godemichets et lubrifiant… Ah ah ah Kolossal Rigolade !!
Forcément, avec une com très cul, ça va attirer le chaland. Que reste-t-il au-delà de cet écran de fumée commercial ? Eh oui, rien qu’en lisant cette phrase, vous avez mon point de vue (en fait).
On a longuement évoqué une recherche de nouveauté, le fait que le groupe jette aux ordures une partie de leur production afin de sortir un son réellement nouveau. Hélas, Rammstein fait toujours du Rammstein ce qui n’est pas forcément si mauvais, mais l’innovation, semble-t-il, est partie dans la culotte des figurantes sur Pussy


Des morceaux de live dira-t-on, avec un mosh assuré sur la moitié de l’album, grosse rythmique hop hop (de base donc) avec refrains accrocheurs (enfin presque). La voix de Till Lindemann est particulièrement mise en avant, tandis que les grattes sont un peu effacées. Le son de synthé s’est décalé, Christian « Flake » Lorenz est passé des eighties aux nineties… Bravo !! Rien d’exceptionnel en fait, on se retrouve avec un album essoufflé, d’un groupe qui se cherche et se rassure comme il peut.
Cet album est un peu pénible et rien de bien évocateur ne s’en échappera. J’ai un peu l’impression d’entendre le dernier Metallica, sauf que là le discours n’est pas le même. La révolution n’est pas de ce temps, en tout cas pas pour Rammstein. Les fans resteront sur Mutter et Reise, Reise et prieront pour les voir en live, parce que mine de rien, en live ça déchire encore un petit peu.

J’aime : pas grand-chose
Je déteste Fruhling in Paris qui est vraiment pitoyable.


Rammstein – Liebe Ist Für Alle Da (Special Edition)
Universal – 16/10/2009

Cd1
01.  Rammlied
02.  Ich Tu Dir Weh
03.  Waidmanns Heil
04.  Haifisch
05.  B********
06.  Fruhling in Paris
07.  Wiener Blut
08.  Pussy
09.  Liebe Ist Fur Alle Da
10.  Mehr 04:11
11.  Roter Sand
Cd2
01.  Fuehre Mich
02.  Donaukinder
03.  Halt
04.  Roter Sand (Orchester Version)
05.  Liese

9 commentaires pour le moment

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  1. Cet album est une bouze, et leur délire « cul » ne fera pas oublier le côté « gnagna » des chansons. Rha, gnagna, donc…

  2. un album à la rammstein du bon vieux son tjs aussi efficace avec le retour du « cul » enfin.
    si les amateurs n’apprécient pas leurs classiques dommage.
    pour les fans cela reste du pur son.
    vivement le prochain.

  3. rammstein ne change pas et alors??un putain d’album qui va ravir tous les vrais fans du groupe allemand pour ma part j’adhère et je répond présent pour le live du 4 décembre a la rockhal!!!

  4. Olivier

    ça fait quand même quelques années qu’ils ont peu ou pas bouger, ce qui est dommage.
    Autant jusqu’à Reise on sentait une évolution, une actualisation du répertoire tant au niveau mélodie qu’au niveau technique (enfin je trouve), je trouve que le groupe ne prend pas ou peu de risques. J’attends toujours avec espoir le morceau qui dès la première écoute me fera dire : « putain c’est une tuerie… ».
    Sur Liebe, je n’ai vraiment pas eu cette sensation.
    J’attendrais de toutes les manières la prochaine sortie.
    A voir en live, pour le show : ça va de soi.

  5. Hum hum, est-ce que quand on prétend critiquer un sujet, il ne faudrait pas se renseigner un minimum dessus ? Rammstein a toujours eu des paroles un peu « crues » ou plus poétiquement polissonnes, et ce n’est pas nouveau qu’ils partent sur des faits divers ou faits de société pour écrire des textes… C’est qu’ils sont finalement très fleur bleue. En tous cas, tout ça pour souligner que « Pussy », qui évidemment au premier degré semble incroyablement « facile » et « creux » sous tous ses aspects (haha), est là pour dénoncer le tourisme sexuel dont a fait l’objet l’Allemagne, avec l’accueil/recrutement de prostituées de l’Est en masse pour la coupe du monde de foot de 2006…
    Perso, je trouve que si Till parvient mieux à chanter qu’à ses débuts, l’ensemble reste assez mou malgré leur volonté de retrouver le côté plus punchy de leurs débuts. Il reste que leur dernier concert le confirme : ce sont toujours des bêtes de scène qui assurent le spectacle. Côté qualité d’album, je dirais que c’est la rançon du succès : populaires (ils vont être inclus au prochain Guitar Hero), rangés et vieillissants… ça fait moins de matière pour être créatifs ; mais à mon goût depuis Mutter, le plus achevé de leurs albums selon moi, un cap est passé et si Rosenrot a pu éveiller de nouveau un peu d’intérêt, faut avouer qu’il y a un ou deux albums (dont le dernier) que l’on pourra facilement oublier.

  6. Olivier

    Je le prends pour moi ? Allez, on va dire que c’est pour moi :)
    Je vais dire que c’est une affaire de feeling : si j’apprécie un album (par exemple) ou si je le déteste, je vais généralement faire un article plus long sur le groupe, son background, etc. Reste le ventre mou, je ne suis pas hyper fan, mais ce n’est pas la fin du monde non plus : dans ce genre de cas, je ne vais pas faire un article de « 3000 caractères » sur le sujet.
    C’est un peu le cas du dernier Rammstein. A l’écoute (et encore aujourd’hui), il n’évoque rien pour moi. Rien de plus que ce que j’ai déjà souligné. Effectivement, je doute de la sincérité de la démarche et je n’allais pas mettre en avant leur positionnement engagé et tout ce que cela a pu créer par le passé ou même actuellement.
    Rammstein médiatisé, ça donne ce genre d’album et on les retrouve dans la presse non spécialisée (même les gratuits, le néant de l’info il faut le dire). Tant mieux pour eux, et tant pis pour les fans (j’ai toujours l’impression que plus un groupe a de succès, plus il fait de la daube, à tort ou à raison).
    Lorsque je les ai vus à Nîmes, je n’ai pas eu cette sensation d’énorme machine à fric. C’était une autre époque. Pour ma part, j’ai un rapport épidermique à la « surmédiatisation », ou à la recherche de buzz qui tend vers celle-ci. Ils auraient fait un album du tonnerre, j’aurais dit, ils sont malins les bougres, ils attirent du public avec de la provoc’ et en plus l’album tourne… Là, ils attirent du monde (enfin, je suppose) avec pas grand-chose et surtout pas de la nouveauté.
    Lemmy est vieillissant, oui ça fait longtemps, mais les derniers albums de Motörhead valent encore le détour. Metallica vieillit, oui, et ça ne m’intéresse pas. Rammstein (tout comme Metallica pour moi) n’évoque plus l’esprit Rock, c’est tout.
    J’admets qu’au-delà du clip Pussy (qui m’a fait sourire), le coffret collector m’irrite. Je trouve que la démarche frise le ridicule en prenant les fans pour des vaches à lait. Mais ce n’est pas la fin du monde, une nouvelle fois, c’est juste un album qui passera à la trappe comme tant d’autres.

  7. Me renseigner sur le metal, musique que j’écoute depuis 23 ans ? Excellente suggestion, je le note et je m’en félicite (ouarf). Plus sérieusement, peu me chaut que l’intentionnalité, réelle ou supposée, d’un groupe soit politiquement correcte ou non. Si pour « dénoncer » le massacre de gosses en Afrique je tourne un clip dans lequel j’en tue, cela sera certainement vu comme un « troisième degré » qui « appelle au débat », dans la joie et les augmentations de ventes généralisées. Toutefois, je ne partage pas entièrement l’opinion d’Olivier pour ce qui concerne le succès vu comme le pendant de la daube créative, pour preuve la créativité de ce groupe objectivement le meilleur de l’univers que l’on nomme IRON MAIDEN ! Vivement Bruce Dickinson à poil en train de sodomiser le tigre de Micke Tyson (référence, référence !) J’ai écouté « Mutter », entre autres des centaines de fois, là, j’ai plus passé de temps à écrire ce post qu’à réécouter « Liebe… ». Je vais quand même réessayer, histoire d’être ouvert, tolérant et tout ça. Par contre, à voir sur scène, oui ! Allez, a+ !

  8. [...] y a une version précédente non expurgée (trouvable sur le net) qui un peu comme l’a fait Rammstein (pour Pussy) pourra en choquer plus d’un. Cette version ci-dessous est approuvée par [...]

  9. [...] si Combichrist ne serait pas en train de faire n’importe quoi à force de fréquenter Rammstein en [...]