04.06
2010

Sorti en 2008, A Dead Heavy Day (ADHD) est le troisième album du side-project de Ville Laihiala, chanteur du groupe culte finlandais Sentenced. Entamée en 2003 avec le chanteur du groupe Charon et l’album Escapexstacy, l’aventure Poisonblack se retrouve au centre des préoccupations de Ville, après le suicide artistique (et collectif) de Sentenced en 2005. L’année 2006 voit sortir l’excellente galette Lust Stained Despair (attention un indice dans le titre) et, réjouissante nouvelle pour tous les amoureux de la voix unique de notre ténébreux Finlandais, Ville revint à cette occasion au micro, exit le chanteur de Charon, hop.

C’est que, voyez-vous, Ville Laihiala est doté d’une voix unique. Sa tessiture, travaillée quotidiennement à la cigarette matinale coupée à l’aquavit de la veille, l’aurait plutôt destiné à officier dans un bon vieux groupe de Stoner ou de Southern Rock. Ben non, y veut pas. Y veut faire du Goth-Rock-Heavy-Depressif, les deux genres s’excluant assez naturellement en temps normal. Mais avec lui, ça marche. Il est trop fort, Ville Laihiala. Il est libre. C’est Ville franche, quoi (oui, je sais.)

Quoi qu’il en soit, en 2008, Poisonblack sort ADHD dans les bacs et sur les réseaux bien informés. L’album s’oriente vers un Heavy Rock d’un cru excellent, doté d’un son puissant, d’une bonne production et d’un booklet soigné. ADHD ouvre les hostilités avec un « Diane » du meilleur effet, et enchaîne les tubes en puissance avec la rapidité d’un diable de Tasmanie cocaïnomane boosté à l’alcool de patates. Le groupe est soudé, l’interprétation sans faille. « Diane », « Left Behind », « Bear The Cross », « A Dead Heavy Day », « Me, Myself & I », « Human Compost » et « Lowlife », aux refrains imparables et à l’énergie communicative, sont les perles de cet album qui s’impose comme un de ceux de l’année 2008. La voix de Laihiala, plus grave mais toujours avec cette petite touche de « chat-éraillé-qui-vous-dit-fuck », éructe son mal-être dans le micro avec la puissance sonore d’un airbus en panne d’embrayage.

Dans Poisonblack, les thèmes de prédilection de notre dépressif chronique n’ont pas changés : peine et rage d’amour, suicide des sentiments, rejet de l’autre, narcissisme d’une pétasse qui fait n’importe quoi et ne s’en rend pas compte (troublante chanson pour ma part), déshumanisation des situations, intériorisation et culpabilité, et, bien sûr, la pose qui va bien. Car Ville Laihiala est un putain de poseur, mais avec lui, ça passe. Trop fort ce type. C’est ça le Rock. Un putain de Finlandais qui hurle « pute » en cassant sa guitare, tout ça parce qu’elle s’est barrée sans regarder les fleurs qu’on avait posées à son attention sur la table basse. C’est ça le Rock. C’est plus la bande à pattes d’éléphants des 70’s qui se trémoussaient comme des danseuses du ventre en se prenant pour une aube dorée (c’te blague), c’est plus la bande à fais-moi peur des 80’s shootés comme des sportifs de haut niveau qui baisaient des poupées décérébrées pétries à la glycérine mammaire, c’est plus la bande à crados des 90’s empêchés du bulbe et des mains, incapables de tirer trois accords corrects. Depuis 20 ans, l’esprit du mal s’est transformé en mal de l’esprit, et c’est au putain de septentrion qu’on le trouve, nulle part ailleurs. Les autres, allez vous gratter l’entre-deux dans un concert de Norah Jones, de Massive Attack ou de Pascal Obispo, de toute façon, c’est la même putain de merde.

Le Rock, c’est ce putain de Finlandais, c’est ce putain de pays, gelé, froid et dépressif, rien d’autre. Un Jour Lourd et Mort, A Dead Heavy Day, Eräänä Päivänä Raskas Ja Kuolema comme on dit entre nous et google translate. Le Rock, c’est le putain de clip que je vous laisse : trois moyens et demi, des poses débiles, un clavier monté n’importe comment pour faire style « je plais aux gothopoufs », une symbolique moisie (le gros Finlandais avec sa bûche au pied qui ressemble à rien). Le Rock, c’est ce putain de Ville Laihiala qui, après 14 ans de métier, n’est toujours pas à l’aise devant une caméra, et ça se voit. Le Rock, c’est sa putain de voix, ses putains de riffs lourds et mélodiques à la fois, c’est son putain de T-shirt rouge avec une énorme croix de fer du meilleur goût, je veux le même, c’est son putain de bonnet noir runique, et celui-ci je l’ai déjà !

Voilà, tiens. Je vous laisse, et si vous n’aimez pas Poisonblack, allez vous faire cuire le cul dans un putain de bouillon d’orties !

Votre dévoué, Monsieurwar.

J’aime : tout.
J’aime pas : rien.

La putain de note : les « « putains » du texte n’engagent que leur putain d’auteur et ne sont en aucun cas représentatifs de la putain de politique du putain de Skulking et de son putain de webmestre, qui, une fois qu’il aura lu ce putain d’avertissement, risque bien d’aller me réveiller avec un putain de broc d’eau froide dans ma putain de gueule. Mais attention : si tu fais ça, je t’écris 12 putains de chroniques sur Hammerfall, alors  fais gaffe !


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