16.06
2010

Les gardiens aveugles, sommités du heavy-speed teuton des 80’s avec Helloween, évoluent rapidement vers le style épique et orchestral, pour notre plus grand bonheur. Après plusieurs albums remarqués mais peu originaux, ils inventent un style plus mélodique, délaissant le monde déjà bien complet du speed metal à la teutonne. « Somewhere Far Beyond » en 1992 et « Imagination From The Other Side » en 1995 établissent les bases d’un style énergique, puissant, épique, avec des standards tels que « The Bard’s Song », repris en chœur par deux générations de rôlistes et de metaleux divers. Il faut dire que les Blind Guardian, depuis le début de leur carrière en 1988, se passionnent pour le monde de Tolkien et tirent de l’auteur une bonne partie de leur inspiration ; bien avant la déferlante initiée par les films de Jackson.

En 1998, ils choisissent, comme source d’inspiration principale, le Silmarilion. La genèse du monde de Tolkien leur dicte peut-être leur meilleur album : Nightfall in Middle Earth. Alternant entre morceaux épiques inspirés (Into The Storm, The Curse of Feanor, Mirror Mirror, Time Stand Still -at the iron hill-, Noldor, When Sorrow Sang) et plages mélodiques plus calmes (Nightfall, Blood Tears) en passant par une ballade au piano du meilleur effet (The Eldar), création assez rare dans le style ; Blind Guardian sort le grand jeu et enchaîne hymne sur hymne. Le batteur, très en forme, tabasse violement ses innombrables fûts tandis que les guitaristes, armés de mélodies imparables, font écho à Hansi, chanteur à la voix massive et entraînante. Chaque morceau allie puissance et mélodie, servies par une voix devenue plus que célèbre. Chaque pièce métallique est précédée d’un interlude acoustique ou narratif directement inspiré du Silmarilion, ce qui apporte une touche originale à l’ensemble. NIGHTFALL IN MIDDLE EARTH reste certainement l’album le plus marquant de la discographie du Gardien Aveugle. Levez les poings en l’air, secouez la tête, hurlez à pleins poumons : Blind Guardian a gagné, en 1998, sa place au panthéon du Heavy Metal, et, sans aucun doute, une place de choix dans les 10 meilleurs albums des années 90.

Votre dévoué : Monsieurwar.

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