2009
Quatrième album du groupe finlandais Swallow The Sun, New Moon est arrivé en Europe le quatre novembre. Swallow The Sun propose du Metal à ambiance, clairement marqué par des influences Death mélodique et Doom. (niarf il était temps). Nos cinq joyeux lurons proposent donc un Metal clairement dépressif, certains diront que de la part d’un groupe finlandais ce n’est guère étonnant.
Cela fait un petit bout de temps que je m’intéresse à ce groupe, je me souviens d’avoir totalement déliré sur Ghost Of Loss (2005), leur deuxième album et en particulier sur Psychopath’s Lair qui m’avait emporté dans des tréfonds de noirceur. Ah! La voix de Mikko Kotamäki : il est très difficile de rester de glace devant son organe… (vous la sentez la blague moisie sur la glace Miko? Bon j’ai honte…).
Par la suite, la déception avait été de mise avec Hope (2007) qui ne m’avait tout simplement pas accroché. Néanmoins ce petit groupe – enfin dans l’Hexagone, je ne connais pas grand monde qui me fait : « hey, tu as écouté le dernier Swallow The Sun ? Sorti de Monsieurwar (mon coloc -oui vous allez finir par le savoir… je le répète de chronique en chronique)- m’a suffisamment interloqué et séduit, il faut le dire, pour que je suive avec un certain acharnement leurs créations.
Oh vous qui portez la lumière, quittez tout espoir en pénétrant dans ce domaine.
Voilà ce que m’évoque tout d’abord New Moon, l’artwork vogue clairement vers les gravures du XIXe siècle, avec ce travail à la plume sur papier sépia. On s’éloigne néanmoins de Gustave Doré et son travail sur Dante (par exemple) pour avoir une vision nocturne où plusieurs serpents s’élancent pour frapper la lune (ou le soleil se faisant éclipser par la lune)… Mélies es-tu là ? Aucune idée, le travail est suffisamment crédible pour ne pas trop se pencher sur la symbolique.
Huit titres composent New Moon, les rythmiques se sont posées, c’est comme si un subtil équilibre avait été trouvé, entre la rage et les ténèbres des premiers albums et la part de lumière mélodique de Swallow The Sun. Pour la première fois depuis quatre ans, j’ai l’impression d’entendre des morceaux qui sont la parfaite adéquation du Doom et du Death mélodique. La voix de Mikko est toujours aussi prenante, lorsqu’il growl, ça marche du tonnerre. Ne vous attendez pas à des morceaux de cinq minutes ou moins, on est bien loin du format radio. On remarquera l’apparition de la chanteuse suédoise Aleah sur Lights on the Lake (Horror pt. III).
L’intégralité des compositions est servie par une rythmique relativement simple mais efficace : parfois quelques breaks, syncopes de la batterie confortent l’élan donné par le trio guitare rythmique, basse et batterie. Là encore, on ne s’arrête pas forcément sur la technicité des morceaux mais plus sur la force mélodique de ceux-ci, en contrepoint avec le chant tantôt proche du Black, parfois clair ou les fameux growl (qui pourraient faire penser à Akerfeld d’Opeth). J’aimerais vous parler de Falling World, morceau le plus court de New Moon, qui dès les premiers accords m’a fait penser à Paradise Lost période Icon, étonnant de revenir pratiquement vingt ans en arrière ; le chant est néanmoins clairement différent et ce n’est pas non plus une copie. Je vous parle ici d’un feeling, d’un sentiment qui m’a traversé à l’écoute de ce morceau. Au-delà de ce morceau, qui m’a séduit, l’album s’étire dans des territoires tantôt lunaires, tantôt chtoniens. On retrouve parfois aussi dans les compositions des références qui pourraient rappeler Insomnium, ou Katatonia (période bourrine).
Au global, je dirais que New Moon est une excellente surprise dans la discographie de Swallow The Sun, avec des compositions abouties et toujours cette tristesse poisseuse, fatalité toujours présente qui suinte de chaque morceau. New Moon est un bon compromis entre le Doom et le Death Melo et ce qui ne gâte rien : il n’est pas répétitif.
J’aime tout : un petit plus sur Lights on the Lake (Horror pt. III) avec son passage limite black.
Je n’aime pas : difficile de trouver

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