2010
Après la commémoration des 20 ans de carrière du groupe par le double album Non Serviam: A 20 Year Apocryphal Story, Rotting Christ revient des portes de l’Est avec Aealo.
Rotting Christ fait partie de la vieille garde Black Metal grecque. La bande à Sakis, pour ce 10e album officiel, se permet d’inviter du beau monde à leur fête païenne : Magus de Necromantia (avec qui Sakis participe a Thou Art Lord), A1an A. Nemtheanga de Primordial (eh oui, Deadpoule, tu ne rêves pas !), Daemonia Nymphe, Dirty Granny Tales, Pliades (un groupe de chœur polyphonique épirote) et Diamanda Galas (ouch !!). Rien qu’avec ce genre de casting, certains diront : c’est du lourd !
Bon on va faire simple : si vous voulez des riffs dévastateurs, des blasts apocalyptiques façon première époque, passez de suite votre chemin, vous ne trouverez pas votre bonheur dans cet album, car les lignes mélodiques se sont épurées et les compositions flirtent de plus en plus vers « autre chose ». Nous avons là un album dans la lignée de ce qu’avait fait Rotting Christ avec Theogonia, version plus ethnique. On abandonne totalement la (fameuse) ligne satanique pour s’intéresser à l’histoire de la Grèce ; en tout cas, à une partie imagée de son histoire, pour proposer un objet Pagan assez étonnant. Les interventions diverses et variées permettent de donner une matière à Aealos pour ce qui est de l’ambiance. On peut dire que les gars de Rotting Christ n’ont jamais été des musiciens devant qui se pâmer. Clairement, ils jouent correctement, mais ça ne va guère plus loin. Ce qui fait que rapidement, à l’écoute des compositions, on se retrouve sur des rythmiques basiques, des soli tranquilles (je n’ai pas dit faciles) et la voix de Sakis qui garde cette hargne toujours présente. Les fondements des compositions sont bien plus Heavy, ce qui gênera plus d’un auditeur au sens où entre les tempos ralentis, les adjonctions d’éléments ethniques et les mélodies, on ne reconnaîtra plus grand-chose à Rotting Christ ou à ce qu’ils pouvaient évoquer dans l’imaginaire des fans de Metal.
Imaginez maintenant que vous ne vous penchiez pas sur le travail effectué précédemment par Rotting Christ pour écouter un album de Pagan like lambda (ou Omega). Tout d’abord, le son est bon, pas d’instruments en retrait, bonne présence du chanteur, des chœurs divers et variés. Les compositions sont entraînantes, Heavy effectivement et l’ambiance qui se dégage des morceaux est carrément efficace. Je ne vais pas dire que je suis un spécialiste du son de la Grèce antique, néanmoins l’intervention de Daemonia Nymphe sur Demonon Vrosis, ou de Pliades sur tous les morceaux, voire de Diamanda Galas en guest sur le dernier morceau (une cover de Diamanda d’ailleurs) : ca fonctionne vraiment. C’est assez fort.
En fait, c’est plus que ça, c’est carrément magique ! Les onze morceaux proposent une immersion assez étonnante dans un univers pas forcément connu ou en tout cas peu fréquent dans le domaine du Metal : la Grèce d’en temps.
On ne pourra pas enlever le fond un peu « Original Soundtrack », les moqueurs parleront de yaourt bulgare, moi les polyphonies funéraires épirotes, je dis respect. On peut forcément tout raccourcir en disant que c’est vraiment décevant de la part d’un groupe tel que celui-ci. Pour ma part, je soulignerai la mise en avant de moyens différents pour obtenir quelque chose d’un peu innovant. Je ne suis pas un fan de la première heure de Rotting Christ, je l’admets. Le côté Pagan d’Aealo ne me fait pas partir en courant et j’attends de voir ce que donnera la suite. Franchement, ce n’est pas pire que le dernier Eluveitie, ou les derniers Moonspell (oui il ne sont pas dans le registre Pagan je sais). Ok, je me serais fait bruler sur la place publique pour un discours tel que celui-ci en 2004…
J’aime : Diamanda Galas, elle est trop forte cette nana (je veux l’épouser !!), le principe d’invité pratiquement que des Grecs (et un Irlandais sur le morceau Thou Are Lord) est très bon, les ambiances générées par les fameuses polyphonies (citées au moins quarante fois dans l’article) sont funèbres à souhait. Les « Ouh Ah » rythmant la plupart des morceaux donnent une ambiance 300 / spartiates aux titres. Order From The Dead (relatant l’incendie de Smyrne en 1922) : à l’écoute de celui-ci je me suis cru dans un morceau proto hippie d’Aphrodite’s Child (genre le fameux 666 de 1972). J’aime tous les morceaux, qui sont simples et efficaces. Aucune lassitude à l’écoute de cet album.
Je n’aime pas : rien
Pour les dates à venir en France :
7 mai 2010 20:00 Trabendo Paris
8 mai 2010 20:00 C.C.O. Lyon
Rotting Christ -Aealo
01. Aealo
02. Eon Aenaos
03. Demonon Vrosis
04. Noctis Era
05. Dub-sag-ta-ke
06. Fire Death and Fear
07. Nekron Iahes…
08. …Pir Threontai
09. Thou Art Lord
10. Santa Muerte
11. Orders from the Dead
Sakis Tolis (chant/guitare)
Themis Tolis (batterie)
Andreas Lagios (basse)
Kostas Vassilakopoulos (guitare)
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vivement que je puisse l’écouter !
Cet album est une tuerie ! On ne s’en lasse pas !