24.05
2010

Juliette Lewis, vous la connaissez probablement en tant que comédienne, joli minois aperçu dans Tueurs Nés de Oliver Stone ou Strange Days de Kathryn Bigelow. Mais la dame possède plus d’une corde à son arc, puisqu’elle a entamée en 2003 une carrière de chanteuse rock, nous offrant en septembre dernier son troisième opus, Terra Incognita.

Dans ce cas, pourquoi en parler maintenant ? Tout simplement parce que pendant quatre jours, la belle avait élu domicile à la Flèche d’Or, petite salle de concert de l’est parisien, et que votre aimable serviteur s’y est précipité, souhaitant voir la diva dépenser son énergie sur scène depuis un petit moment. Une fois sur place, la patience reste de mise, puisque ce n’est qu’une heure et demie après l’ouverture des portes que commence le premier groupe. Une attente digne d’un concert à Bercy…

Mais l’explication est cependant rapidement donnée aux plus curieux, partis à la pêche aux infos : l’une des deux premières parties, Titus Andronicus, a fait faux bond, obligeant ainsi les organisateurs à décaler le début du concert pour que la tête d’affiche joue à l’heure prévue. C’est donc le jeune groupe Corleone qui ouvre le bal. Ici, pas grand chose à dire : c’est punchy, c’est joué juste, mais cela manque terriblement de personnalité, la voix du chanteur ne perçant jamais de manière suffisamment significative pour accrocher l’oreille. Pire, bon nombre d’intro de leurs morceaux nous font immédiatement penser à des groupes bien plus célèbres que ces petits Corleone (je vous défie, sur l’un de leurs morceaux dont je n’ai pas retenu le nom, de ne pas avoir l’impression que quelqu’un vient de glisser Jumpin’ Jack Flash des Stones dans la platine…). Rien de transcendant donc pour nous mettre dans l’ambiance, si ce n’est boire des bières au comptoir (bières plutôt chères d’ailleurs…).

Vingt nouvelles minutes passent, et sans crier gare, la tête d’affiche de la soirée arrive sur scène, commençant dans le vif du sujet avec un morceau issu de leur dernier album (la setlist ne sera, au final, issue que de cet album). Une chose s’impose immédiatement, les morceaux passent l’épreuve du live sans aucun problème. Pas étonnant : à la production, Omar Rodriguez Lopez, guitariste du merveilleux groupe qu’est the Mars Volta. Délaissant les compos parfois torturées dont il a l’habitude pour des mélodies immédiatement plus accessibles, le musicien, parvient cependant parfaitement à jouer sur l’énergie propre à Juliette Lewis, lui donnant à chanter à la fois des titres très pêchus, et d’autres plus proches de la ballade (une ballade selon Omar Rodriguez Lopez, cela reste quand même une très bonne ballade).

La charmante frontwoman sue donc sang et eau sur scène, apostrophant le public, et tentant tant bien que mal de le faire réagir et chanter sur les morceaux les plus immédiatement assimilables. Petit souci : les spectateurs ne semblent pas saisir les mots de la belle, ou restent peut-être trop timorés pour réagir. Lorsque Juliette Lewis, sur Uh Huh, sa chanson la plus pop, vous demande d’embrasser votre voisin ou voisine, pour que nous ne soyons plus étrangers les uns aux autres (sujet de la chanson), exécutez vous ! D’autant plus si, comme moi, vous êtes posté entre deux charmantes jeunes femmes…

Le public manquait donc cruellement de pêche à mon goût, moi qui ne jure que par la fosse, les bonds démesurés et l’énergie d’un petit mush pit (pas nécessairement d’actualité, je vous l’accorde). Mais cela n’a pas empêché Juliette et ses New Romantiques d’électriser la Flèche d’Or pendant… 40 minutes. Court pour un concert, aussi bon soit-il, mais à 8 euros l’entrée, pouvait on s’attendre à plus ? Peut-être à un rappel où auraient été joués, des morceaux des deux précédents albums, où la chanteuse se produisait aux côtés des Licks pour un rock certes moins travaillé, mais tout aussi pêchu…

Les photos de lives sont de © Rod – Le HibOO

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