2010
Ne comptez pas sur moi pour dire du mal de Magdalen Nabb. Non, le dernier roman policier que je viens de dévorer, Mort d’une poupée japonaise, ne mérite pas mon courroux, loin de là. Imaginez un peu, un roman qui jusqu’à la fin parvient à vous faire douter, à vous questionner… à vous tenir en haleine. C’est assez rare pour être souligné tout de même.
De fait, Magdalen Nabb s’est fait connaître grâce à son premier roman policier, Le Gentleman Florentin, applaudi par Georges Simenon, entre autres, qui reçut le prix du Meilleur premier roman policier par la British Crime Writer’s Association, récompense qui lui permit sans doute d’être traduite dans plusieurs langues. Malheureusement pour nous, Magdalen Nabb est décédée et Mort d’une poupée japonaise marque la fin d’un cycle à succès qui pourrait nous faire penser à des auteurs tels que Anne Perry ou Peter Tremayne, prolixes et réputés pour leurs personnages attachants.
Car en effet, l’adjudant Guarnaccia fait partie de ces personnages pour lesquels on a tout de suite de l’affection. Tellement humains, qu’on se prend à les imaginer de chair et de sang, évoluant au sein de leur monde familier. L’univers de Magdalen Nabb, en l’occurrence, c’est Florence, la très toscane Florence peuplée de commerçants hauts en couleur et au mauvais caractère notoire. Guarnaccia, quant à lui est sicilien, vraiment pas la même chose ! Il vous dirait presque que ce sont deux peuples à part !
Bref, l’adjudant Guarnaccia vaque à ses occupations du moment : épouse et maîtresse d’un sexagénaire qui se crêpent violemment le chignon, vol à la tire… rien de bien nouveau mais surtout rien que de bien banal. Et pourtant, une tragédie va avoir lieu dans les jardins de Boboli : un corps en décomposition est retrouvé dans l’un des bassins. Une femme visiblement, mais qui ? Un sac est retrouvé à côté d’elle, en est-elle la propriétaire ? Un travail d’indentification va s’imposer et l’adjudant va devoir enquêter pas à pas, se confrontant ainsi à des Florentins souvent méfiants, au verbe haut et criants de vérité lorsque l’on connaît un minimum les Italiens. Une enquête qui pourrait s’avérer uniquement ardue mais qui deviendra vite cauchemardesque pour l’adjudant qui n’est pas au bout des découvertes macabres.
Un polar qui laissera les amateurs d’espionnage et de James Bondisme (oui j’aime les néologismes) totalement indifférents. Si, au contraire, vous appréciez les décors bien plantés, les intrigues plausibles et les histoires tristes à pleurer, vous devriez prendre un certain plaisir à vous enfoncer au cœur de la belle Florence ; à côtoyer le monde des bottiers de Toscane et à rechercher, vous aussi, qui a bien pu commettre un tel acte.
Un regret, la quatrième de couverture qui gâche tout le début du livre, donc si vous pouvez, ne la lisez pas. Pour ma part, je pense rendre un second hommage à Magdalen Nabb, en achetant un précédent volet de sa saga italienne. Peut-être même le premier, histoire de reprendre le fil des enquêtes depuis leur début.
Poche: 220 pages
Editeur : 10 X 18 (2 juillet 2009)
Collection : Domaine étranger
ISBN-10: 226404747X
ISBN-13: 978-2264047472
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