2009
Écrit par Naoki Urasawa, 20th Century Boys est un « Seinen » (manga pour jeune homme), que l’on trouve en France chez Panini Manga. Les deux derniers tomes se nomment 21st Century Boys (1 et 2). Ce manga a reçu quatre prix à ce jour, dont le « Prix de la meilleure série au festival d’Angoulême » en 2004.
Tout d’abord, pour les individus qui seraient repoussés par le terme Manga (et plus généralement, le graphisme), 20th Century Boys possède un graphisme proche de ce qui s’apparente à de la BD franco-belge, donc ne vous attendez pas à avoir du BESM toutes les deux pages. Essentiellement en noir et blanc, en format 10X18, vous trouverez tout au plus une vingtaine de pages en couleur.
Passons maintenant aux choses sérieuses : 20th Century Boys c’est quoi ? Une chanson de T-Rex (20th Century Boy sorti en 1973), qui changera la vie d’un des héros (Kenji), éveillant en lui le goût du rock n’roll. Série au long cours, 20th Century Boys retrace les aventures d’un groupe d’enfants que l’on va suivre de 1969 à 2018. En gros.
Dans les années soixante, des mômes (la bande à Kenji) créent une « base secrète » (celle-ci est en herbe tressée… Oui je sais) au sein de laquelle ils s’amusent à jouer, pas forcément à la guerre, mais en tout cas à imaginer un monde peuplé de menaces terribles ainsi que de héros. Ce sont eux les héros imaginaires de ces aventures, dont l’intégralité est notée dans le cahier des prédictions. En 1997, les enfants sont devenus adultes, certains ont réussi, d’autres ont mis leurs rêves de côté afin de s’insérer sagement au sein de la société. Kenji, après le suicide de Donkey (un membre de la bande), se retrouve dans des situations de plus en plus compliquées, impliquant le mystérieux Ami, qui est visiblement le chef d’un groupuscule (une secte quoi). En même temps qu’Ami se révèle, les événements écrits au sein de leur cahier de prédiction semblent se réaliser…

20th Century Boys retrace l’enquête de ces enfants, puis de ces adultes, sur plus de 40 ans. Vous avez lu ÇA de Stephen King ? Il y a un effet similaire à la fameuse Madeleine de Proust dans le scénario, qu’ont en commun ÇA et 20th Century Boys (l’horreur en moins). D’ellipse en ellipse, on suit avec bonheur cette enquête qui nous mène aux quatre coins du monde. Cette quête désespérée tourne autour de plusieurs thèmes : le millénarisme, la guerre bactériologique, la propagande, l’amitié et bien entendu le rock n’ roll !
Désabusée, tendre et drôle, cette série est un chef-d’œuvre. Suivre durant 24 tomes (soit presque 5000 pages !!!) les aventures de nos héros ne relève même pas de la gageure. Dès le premier tome, on est accroché et il est improbable de s’arrêter avant la fin. J’ai eu la chance de pouvoir le lire en entier sans avoir à patienter, indéniablement j’ai pris mon pied (merci David MGM, une fois encore).

Au départ, le graphisme m’a un peu choqué, car très européen… Cette sensation a disparu rapidement, tellement j’étais envouté par cette enquête totalement tordue. Au final, cette quête un peu morale me fait penser à Kipling et son fameux « Tu seras un homme mon fils ». Lorsque tout s’écroule, seuls notre conscience et nos choix demeurent. Définitivement mythique.

Plutôt que de mettre le trailer de l’adaptation cinématographique (en trois films) de 20th Century Boys je préfère vous laisser écouter (et voir) le morceau de T-Rex. Respect.
Ah oui je suis preneur pour du Bob Lennon. Alors n’hésitez pas
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