09.02
2010

Wormwood – Gentleman Zombie

Certains diront que Ben Templesmith propose depuis déjà pas mal d’années des effets on ne peut plus fastoches. Je n’en suis pas. Certains diront que son univers repose toujours sur les mêmes ressorts et que ce sont justement les fameux effets cités précédemment qui rattrapent allègrement les failles narratives, là encore… on ne va pas être potes… Templesmith, vous l’aurez compris, je l’aime bien et son style reconnaissable entre tous propose des ambiances vaporeuses, parfois réalistes avec des contrastes punchy, le tout animé par un dessin « cartoonesque ». Pour mon plus grand bonheur, il s’est toujours cantonné dans un univers « World of Darkness ». Si vous aimez l’horreur contemporaine, les ambiances déjantées, vous devriez vous intéresser au travail du jeune homme.

Tout d’abord, je tiens à préciser que cette série est sortie en 2004, alors oui ça fait un bout de temps, mais d’un autre côté, j’étais tellement désabusé par le dernier 30 jours de nuit que je me suis penché sur une autre production (par dépit oui). De plus, celle-ci est entièrement gérée par Templesmith du début à la fin…

La quatrième de couv : Wormwood est un asticot pensant, échappé d’une dimension infernale, qui parle anglais (avec un fort accent), boit de la bière (en grande quantité), fume (beaucoup) et qui, accessoirement, habite des cadavres. Aidé de Monsieur Pendulum et de la strip-teaseuse Medusa, il passe son temps à sauver le monde d’invasions démoniaques et de préférence tentaculaires. Frère dégénéré d’Hellboy et du Goon, publiés chez le même éditeur, Wormwood offre l’occasion à son créateur, Ben Templesmith, de donner libre cours à son humour débridé. L’auteur de 30 Jours de nuit et de Fell se révèle parfaitement à l’aise dans le double rôle de scénariste et dessinateur de cette série iconoclaste et déjantée.

Moi, les aventures d’un ver qui anime un cadavre pour enquêter (ou faire son proxénète) ça me fait délirer. Avec un vocabulaire pas piqué des hannetons ainsi qu’un humour relativement trash Wormwood se pose là. De toutes les manières, en suivant les aventures de ce servant des enfers, le mode « punk » avec le costard troué et chair putréfiée au coeur de cette cité agonisante (limite momifiée) est vraiment de rigueur. Si vous voulez suivre les aventures de mini Koutoulou, d’affreux aliens ou des pires démons des neuf cercles infernaux, poursuivis par un cadavre accompagné d’un robot plus proche de ZZ Top que de Robocop : foncez (ah oui, il y a un fantôme aussi, et des minettes sexy, mais mortifères).

Autant dire que j’ai aimé. Laissez-vous bercer par les couleurs et l’ambiance branque de cette série. Vous verrez, on s’y fait. « Putridement vôtre ».

Album: 121 pages
Éditeur : Delcourt (10 septembre 2008)
ISBN-10: 2756014044
ISBN-13: 978-2756014043

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