17.12
2009

Jenny Finn

jenny FinnIl y a quelques années, le créateur de la série « Hellboy » s’est lancé dans une série nommée « Jenny Finn », qui a eu son petit succès aux States en 1999. Dix ans plus tard, « Emmanuel Proust » décide enfin de publier ce court opus en une intégrale au rendu superbement gothique. Entre délire scénaristique et errance graphique, « Jenny Finn » reste un livre un peu particulier…

L’histoire
Un étrange mal semble se propager dans les bas-fonds de Londres. Les victimes : des clients de prostituées, toutes classes sociales confondues. Jo, un des clients de ces maisons de passe, remarque en sortant d’une de ses nuits torrides et débridées, une présence qui détonne dans ce paysage de stupre et de luxure : la silhouette d’une jeune fille d’apparence innocente, mais probablement impliquée dans la transmission de ces miasmes issus des profondeurs des océans. Son nom : Jenny Finn, pourtant considérée comme une sainte parmi les plus vils habitants de ce cloaque humain… Jo, intrigué par l’aura que dégage la jeune fille va alors s’intéresser de très près à elle… peut-être trop près, même…

En gros
jenny Finn-US_COVERAvant tout, il faut savoir que Mike Mignola, le dessinateur de « Hellboy », a pour une fois pris un rôle de l’ombre pour cette série. Hormis la couverture de l’album, Mike Mignola cosigne le scénario avec Troy Nixey (a travaillé sur certains « Batman », a collaboré avec Neil Gaiman…), qui a entièrement dessiné l’album et les illustrations d’entête de chapitre.

De prime abord, on est séduit par le trait torturé, à la fois souple et tranché, et le jeu des clairs-obscurs en noir & blanc qui parsèment tout l’album, dégageant une ambiance sombre et glauque, collant parfaitement à l’atmosphère victorienne du scénario. De plus, les créatures très lovecraftiennes peuplant les cases de « Jenny Finn » sont parfaitement malsaines et gluantes.

L’histoire, quant à elle, mériterait d’être un peu plus soignée. Le jeu poétique des auteurs est malheureusement un brin maladroit, donnant aux dialogues un aspect bancal et certaines situations s’imbriquent assez mal. Cependant, si on n’est pas très exigeant, le tout se tient dans une relative maîtrise et reste divertissant.

Au final, « Jenny Finn » brille plus par les superbes dessins de Troy Nixey plutôt que par l’encombrante présence de Mike Mignola, et les amateurs de belles planches peuvent foncer les yeux fermés. Mais n’en demandez pas plus à ce livre, si vous souhaitez réellement l’apprécier.

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3

Editeur : Emmanuel Proust
ISBN : 9782848
Prix : 18 €

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