2010
Deuxième création de Laureline Mattiussi, L’île au poulailler est sortie en mai 2009, dans la collection Treize étrange chez Glénat.
Avec cette bande dessinée, Laureline Mattiussi est la lauréate du Prix Artemisia 2010 et a été sélectionnée pour le festival d’Angoulême. Le tome 2 devrait sortir en mars 2010.
Présentation de l’éditeur : » Désormais camarades, nous pouvons voguer sous notre propre bannière ! Nous sommes les barbares dont nous avons toujours rêvé, affranchis du monde, libres et cruels : Pirates ! Nos rugissements traverseront les mers et viendront s’éclater sur les rivages, car notre colère est sans appel ! Nous reviendrons brûler cette île, égorger cette piratesse et son maudit équipage et nous récupérerons le trône d’or dans le sang ! » (extrait du livre).
Cette bande dessinée m’a tout d’abord attiré par son format et son aspect général, papier mat épais, gamme de couleurs tirant sur des teintes plutôt sombres ainsi que par son graphisme en général. Effectivement, en parcourant L’île au poulailler, le trait et la liberté de Laureline Mattiussi m’ont harponné et je n’ai pu m’en échapper.
Je vous avoue qu’autant le graphisme m’a plu, autant le scénario m’a laissé de marbre… La piraterie n’est pas un sujet que je déteste loin de là, mais j’ai trouvé l’histoire de L’île au poulailler un peu aride, dans la mesure où l’auteur part du principe de ne donner qu’un microscopique fond historique, que la fameuse « piratesse » de la couverture n’est pas nommée ainsi que bon nombre d’acteurs. Pierre Dubois, dans son introduction de l’ouvrage, parle de psychologie et d’esprit « Pirate », je ne suis pas totalement d’accord avec lui et de ce fait, je m’attendais à quelque chose de plus prononcé (la notion féminine du pirate etc.).
L’histoire évoque vaguement une poursuite entre un pirate et une « piratesse », celle-ci s’introduisant à la faveur de la nuit sur le navire du pirate pour lui faucher un trône qu’un énigmatique gouverneur lui a commandé. La rencontre entre les deux capitaines sera torride et se terminera en queue de poisson.
Alors bien entendu, il y aura une foule de détails sur la vie de l’équipage, les échanges entre les individus, l’étrange magnétisme entre les deux capitaines, ce sont là les points positifs. Malheureusement, ces détails ne m’ont pas suffi pour pleinement profiter de L’île au poulailler.
Au final, je reste très mitigé sur cet album, car j’apprécie le graphisme et la mise en couleur d’Isabelle Merlet, mais le scénario me semble un peu boiteux (façon Long John Silver voyez-vous). On est bien loin des poncifs habituels (un marin gay pourquoi pas… C’est JPG qui va être content !), la rudesse de la vie maritime est relativement crédible, mais c’est effectivement ce maudit décorum qui ralentit et noie finalement toute l’histoire.
Si vous avez envie de percevoir une autre vision de la piraterie, foncez ! Si vous vous attendez à un compendium ou à des détails encyclopédiques, n’approchez pas l’ouvrage. Je pense néanmoins que je tenterai la suite, pour voir comment elle se dépatouille de sa storyline.
Collection: Treize étrange
Format : 240 x 320 mm
80 pages
Paru le 12/05/2009
EAN/ISBN : 9782723469456
Prix: 15.00€
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L’est moyen sexy ta pirate :-/
Bah c’est relativement particulier. J’aime bien la notion de mouvement qui se dégage des planches… je crois bien que le réalisme est le cadet de ses soucis.