12.09
2009

L’épopée du Livre Sacré

Ce bouquin, j’en ai entendu parler il y a deux ans au moins… J’avais trouvé le pitch intéressant, puis les affres de la vie ont emporté son souvenir bien loin de mes préoccupations. En quête de nouveautés littéraires pour Skulking, le livre d’Anton Dontchev s’est rappelé tout naturellement à ma mémoire mi-août 2009.

Anton Dontchev est un écrivain bulgare, qui a écrit notamment Les cents frères de Manol, livre qui retrace une partie de l’invasion Ottomane en Bulgarie au XVIIe siècle. C’est son œuvre la plus connue à ce jour (traduite en vingt-cinq langues). Néanmoins avec L’épopée du Livre Sacré il a reçu le prix Balkanika 1999, pour la meilleure œuvre de fiction balkanique.

L’épopée du Livre Sacré retrace dans une fresque sanglante, les aventures d’Henri de Ventadorn, chevalier qui a été de toutes les croisades. Sans terre et sans fief, Henri se fait confier une mission par le pape Innocent III. Il doit récupérer le cinquième évangile, celui que l’on attribue à Saint Jean, le livre sacré des Bogomiles.
L’espion de la papauté, va donc partir sur les traces du Livre sacré pour s’en emparer. Notre chevalier aguerri va poursuivre le livre, le récupérer et subir les affres du doute. Toute l’expérience du monde ne peut pas grand chose contre  les maux de l’âme : embrassant la foi cathare, il va être chasser à travers toute l’Europe, par les hommes et la foi qu’il a servis durant de longues années.

Avec L’épopée du Livre Sacré, Anton Dontchev nous emmène dans un voyage bien loin de l’image d’Épinal du Moyen-Age. C’est sale, choquant et ça fonctionne. Quelque part, si je devais le comparer en termes d’ambiance, je le rapprocherais du film la Chair et le Sang (pas pour le scénario je précise). Une violence sous-jacente qui explose parfois aux yeux du lecteur.

J’aime : le découpage du livre, quinze jours, quinze chapitres. La profusion de détails historique sur la Bulgarie (Tarnov) au XIIIe siècle, les problématiques d’Henri: toute la dualité de ses croyances. Le principe du chevalier mercenaire, issu d’une famille prestigieuse fonctionne très bien. Le petit plus de l’ouvrage, les nombreux focus sur son passé qui permettent de comprendre sa réputation et ses inimitiés (très très bon). La vision de la foi cathare dans l’ouvrage est poétique, c’est très visuel et assez intéressant.

Je n’aime pas: le côté trop manichéen des deux camps, on a les très gentils et les très méchants, j’aurais préféré plus de nuances (l’affreux dominicain genre)…

Je vous cite la première phrase de L’épopée du Livre Sacré :
« On m’appelait Henri de Ventadorn, mais j’ai changé de nom pour celui d’un mort. »

L’épopée du Livre Sacré de Anton Dontchev.
261 pages
Editeur : Actes SudL’esprit des péninsules (10 juin 1999)

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  1. [...] groupe a le nom d’un Muezzin Turc croisé avec un templier Bulgare…Imbogodom . Un Myspace avec 65 amis, dans le monde de la musique c’est peu. Hyper [...]