29.11
2009

Le Bon Larron – Hannah Tinti

LeBonLarronC’est sorti chez Gallimard le 5 novembre. Le Bon Larron a été écrit par la nouvelliste Hannah Tinti. C’est son premier « roman » et elle vit à Salem. (Vous verrez c’est important pour la suite…). Avec sa couverture rose bonbon, et une photo digne de Twilight, on peut se demander dans quoi on s’embarque (enfin dans quoi Gallimard s’embarque).
Donc généralement, en tournant l’ouvrage, on tombe sur la quatrième de couverture :
À douze ans, Ren le manchot n’a connu que l’orphelinat et, tout en rêvant d’une famille, appréhende les dangers du monde extérieur. Voici que survient Benjamin Nab, qui se prétend son grand frère et le prend sous son aile. Mais dit-il la vérité ? Du jour au lendemain, Ren se retrouve plongé dans une cour des Miracles, un monde de voleurs, de marginaux, de grands escrocs et de nantis maléfiques. Parmi les villes minières et les ports baleiniers de Nouvelle-Angleterre, il ne cesse de vouloir percer le mystère de ses origines…

Bon avec cette couverture, ce n’était pas gagné. Néanmoins, je me suis rapidement laissé porter par l’atmosphère envoûtante proposée par Hannah Tinti. Sa description de la Nouvelle-Angleterre au XIXe est particulière, ce n’est pas DeadWood, mais on peut s’approcher de la vision des villes de Jim Jarmusch, dans Dead Man. C’est étonnant, lorsque je parle de ce livre, je ne cesse d’avoir des images en tête, du visuel. Mon imagination a été transportée par ses descriptions. Il règne dans cet ouvrage une sorte de magie que l’on sent sous jacente, mais qui jamais ne transparaît réellement. Imprégné de notions catholiques, l’ouvrage nous rend témoins des aventures de Ren, qui se retrouve acoquiné bien malgré lui à des escrocs. Ce qui est intéressant, c’est la psychologie des personnages principaux. Nous suivons les aventures de ces marginaux et ce n’est pas forcément empreint que de « bons sentiments ». Ce n’est pas une description par le menu des valeurs chrétiennes, etc. Au contraire, Hannah Tinti joue sur les valeurs, les présupposés, afin de nous montrer des individus hors-la-loi (ou pas) qui font ce que bon leur semble (on pourra être surpris par les réactions de certains notables, ou de la naïveté des gens rencontrés sur la route). Il y a un paradoxe certain entre ce mélange de croyances, de cultures, de valeurs religieuses. L’auteur nous montre avec une facilité déconcertante comment toutes ces notions pouvaient cohabiter sans pour autant se nuire. Néanmoins, ce n’est pas non plus qu’un étalage de concepts culturel ou religieux et nous avons bien à faire à des personnages en chair et en os.

Il n’y a pas de réponses claires dans Le Bon Larron et même celui-ci terminé, on n’est pas certain d’avoir résolu tous les mystères des individus. Au delà de l’atmosphère à la Tim Burton (Sweeney Todd ou Sleepy Hollow ), de Ren qui pourrait avoir un petit côté Oliver Twist, j’ai été étonné par la capacité d’Hannah Tinti à décrire les lieux, la vie comme la mort. J’aurais bien appelé ce point « le précis de décrépitude », car le champ lexical employé pour les descriptions sent (vraiment) la terre sépulcrale. Franchement, ça m’a marqué et j’ai adoré.
C’est un bon bouquin, n’hésitez pas.
Vous verrez, une fois dans l’ouvrage, on ne fait plus attention à la couverture…

LE BON LARRON, Collection Du monde entier
Gallimard
Trad. de l’anglais par Mona de Pracontal
384 pages
ISBN 9782070705405.
Parution : 05-11-2009
http://hannahtinti.com/

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