08.10
2009

L’Église nomme délectation morose (ou prolongée) le fait de s’attarder avec délice sur des fautes commises, que ce soit par goût de la dépréciation de soi-même ou, plus rarement sans doute, pour se remémorer des plaisirs illicites passés.
Merci Wiki.
Une rencontre avec un ouvrage dans lequel on croise le regard et la pensée d’un auteur, professeur de philosophie et surfer à ses heures perdues (pas pire qu’en cours à priori).
Les Délectations Moroses ont été éditées il y a peu par le Dilettante (moi je trouve que ça le fait bien avec un titre comme ça) et c’est là le dixième ouvrage de Frédéric Shiffter.

Alors comment dire ? Les Délectations Moroses, ça couine, ça grince, ça égratigne. Qui est visé ? Peu importe, sûrement l’auteur en particulier, mais tout le monde sera éclaboussé.
Les Délectations Moroses ce sont quatre-vingt seize pages d’aphorismes, de petites bombes jusqu’à de grandes tranchées. Le quotidien découpé sous le scalpel, nihiliste mais sympathique de Frederic Shiffter.
Pas vraiment philosophiques, pas non plus dénuées de sens (au contraire), ces gouttes de rosées nous noient dans une réalité trempée dans la fonte sociale. C’est un point de vue, sans les images, sur le monde. Comportement révélé le long du fil éclairé de la plume de notre dénonciateur.
Pas de grande charge, pas de confusion, juste un regard précis, relevant la tiédeur, l’aigreur et la malignité du quotidien, le votre et le mien…
Parfois un peu facile, on trouvera de la phrase pour de la phrase, ça tape, ça fonctionne, est-ce que ça restera ? Une fois encore peu importe, l’intérêt c’est le plaisir de l’instant … Lorsqu’on se plonge dans l’ouvrage et qu’on avance sur le chemin cahotant qui nous mènera à la dernière page de celui-ci.
Efficace.
Sombre.
Frédéric Shiffter c’est un peu nous, vous, eux.

J’aime: voir ci dessus.
Je n’aime pas : le côté introspectif qui s’éloigne du global pour faire un focus sur l’auteur. La facilité de certains aphorismes, non pas que je puisse les trouver (loin de là) mais ils ne sont pas tous renversants.

Quelques extraits :

« Naître et, aussitôt, brailler. L’existence commence par une profession de foi pessimiste. »
« Le “bonheur”, ce petit linge sale que les humains brandissent comme un étendard au bout de leur désir. »
« J’aurai réussi une œuvre quand mon nom servira à désigner une pathologie mentale. »

Pour ceux qui veulent en voir un peu plus c’est ICI !

Délectations Moroses
Genre : Littérature générale/Aphorismes
ISBN : 978-2-84263-181-9
Année de parution : septembre 2009
Nombre de pages : 96
Edition : Le Dilettante

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