22.09
2009

Carmilla – Sheridan Le Fanu

Auteur irlandais du XIXe siècle, Sheridan Le Fanu est considéré comme le père du roman fantastique. Celui-ci a écrit Carmilla au crépuscule de sa vie (deux ans avant sa mort). Cette nouvelle a directement influencé Bram Stoker, un autre auteur irlandais… (Oui pas de blabla sur Bram hein! Ok?)

« Deux grands yeux s’approchèrent de mon visage et soudain, je ressentis une douleur fulgurante, comme si deux grandes aiguilles espacées de quelques pouces seulement s’enfonçaient profondément dans ma poitrine. Je me réveillai en hurlant. La chambre était éclairée par la chandelle qui était restée allumée toute la nuit, et je vis une silhouette féminine au pied de mon lit, un peu sur la droite. »
(je n’ai pas pu m’empêcher de vous proposer un morceau de la quatrième de couverture :) )

En Styrie (Autriche), Laura (l’héroïne) vit avec son père, une préceptrice et une gouvernante. Le château (schloss) au sein duquel ils vivent est relativement reculé et bien loin de l’effervescence des villes. Un jour, un étrange convoi va acheminer de la manière la plus incongrue qui soit, une jeune fille dans le château familial. Carmilla, la mystérieuse invitée et Laura vont nouer une amitié (hum) très forte.

Pourquoi lire ce bouquin ? Tout d’abord, il est court (le récit fait 120 pages tout au plus). Carmilla est une des plus anciennes nouvelles sur le vampirisme. L’ouvrage présente la prédation non pas de matière frontale, mais tout au contraire de manière relativement ambigüe. C’est la première fois que l’on présente de manière si sensuelle le rapport à l’amour et la mort. Effectivement, cet ouvrage est parcouru d’un érotisme si particulier qu’on se demande comment il a pu passer entre les mailles de la censure victorienne. Pour information, en 1976 aux USA (l’autre pays du fromage donc) Carmilla était encore considéré comme une nouvelle perverse…
La vague cinématographique liée aux vampires lesbiens vient aussi cet ouvrage…Alors dans Carmilla c’est classe, dans les films… Comme on dit par chez moi : tirage aléatoire ! De plus toutes les références à la fin de la nouvelle viennent du Traité sur les apparitions des esprits et sur les vampires, ou les revenants de Hongrie, de Moravie, etc., écrit en 1746 par Dom Calmet, mine de rien le père Sheridan c’était documenté sur le sujet…
Dans Carmilla, la beauté est forcément cruelle ; c’est romantique, gothique et diablement efficace.

Oui j’ai pris un truc à la con… Mais je trouve ça marrant :)

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