08.03
2010

J’ai rencontré un pote (fan de la première heure de Skulking), celui-ci, alors que nous buvions un verre (ou deux), m’a parlé d’une BD, un truc qui devait absolument être chroniqué sur le site… Interloqué, je l’ai écouté me narrer le pitch… Bon, en fait, c’est relativement inracontable. Forcément, le lendemain, en traînant dans un des hauts lieux de la BD bordelaise, j’ai acheté La Saison Des Flèches, sans même jeter un coup d’œil au contenu du dit ouvrage. Le scénario est de Samuel Stento et tout est dessiné par Guillaume Trouillard. (Ce qui me fait rire, c’est que la maison d’édition se trouve à une rue de mon futur chez moi – à Bordeaux -, donc c’était un signe, ça ne pouvait que marcher entre nous). Mon ami ayant un sérieux talent pour mettre l’ambiance (juste avec la voix, vous voyez ?) et donc je vais essayer d’être à la hauteur de ce qui m’a fait acheter cet ouvrage.

La Charente, de nos jours. Hum, ça commence mal… Un couple de retraités vit tranquillement dans un appartement pas très grand (ça à son importance), le quotidien est morne et ces gens semblent normaux sous tout rapport. Agnès et son mari coulent des jours tranquilles. À des milliers de kilomètres, la société Mulligan Inc, par l’intermédiaire d’un procédé mystérieux et puissant (datant de 1879), met des Indiens en boîte. L’histoire débute lorsque le mari reçoit enfin la boîte Mulligan avec son Indien dedans. A la manière d’un journal de bord, La Saison Des Flèches raconte les aventures de cette petite famille avec leurs nouveaux invités (mince j’ai vendu la mèche !). En l’espace de quelques heures, la vie dans l’appartement va être transformée pour ne plus jamais être comme avant. Je n’ai pas envie d’en raconter plus, car l’intérêt est vraiment de découvrir l’ouvrage et l’histoire.

Sachez seulement qu’avec la présence de cette famille indienne (Gérald, Marie-Paule et Sylvain leur fils), la réalité va évoluer, se distordre et Agnès et son mari vont vivre des événements de plus en plus rocambolesques. Allez, je vais le dire, ce n’est pas un grand secret, l’appartement va commencer à s’agrandir pour ressembler de plus en plus aux territoires sauvages de l’Ouest (ce n’est qu’une infime partie de la trame, je vous rassure).

Au premier abord, cette bande dessinée est très classique, avec un traitement à l’encre et à l’aquarelle, peut-être que cela pourra en rebuter plus d’un, mais la technique est parfaitement adaptée aux aventures et le côté aqueux est un soutien nécessaire aux événements plus qu’oniriques que décrit La Saison Des Flèches. La force de cet ouvrage vient de la capacité de Guillaume Trouillard de passer d’une ambiance à une autre, entre les publicités Mulligan’s (qui valent leur pesant de cacahouètes), les cartes des environs ou les documents officiels fournis, tout est fait pour que le lecteur voyage avec ce petit monde « sioux-charentais ». Le scénario de Samuel Stento est vraiment excellent, et on oscille entre sourire amusé de connivence, émotions, et intelligence du propos : c’est touchant et définitivement distrayant. L’idée du journal de bord est excellente et voir les aventures narrées par l’homme de la maison est toujours un moment savoureux. Entre la simplicité de ce couple de retraités, la vision du retour à la nature et le monde alentour interpénétré par le monde en boîte fourni par Mulligan’s.

Je pourrais passer des heures et des heures à narrer ce qui m’a plu dans cette BD, mais ce serait au détriment de futurs lecteurs. Le grand Ouest charentais vous botte ? C’est le moment ou jamais de franchir le pas. On a tous encore une âme d’enfant (enfin, je crois), La Saison des Flêches, c’est un peu le meilleur moyen de retrouver les sensations que l’on pouvait avoir lorsque l’on jouait aux cowboys et aux Indiens.

Merci  Cédric Mulligan’s.

Cartonné : 104 pages
Éditeur : Cerise (10 novembre 2009)
Collection : La cerise sur le gâteau
ISBN-10: 2951949898
ISBN-13: 978-2951949898

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