2010
« Alice ». Un prénom devenu très célèbre grâce à un romancier anglais amoureux d’une trop jeune fille, et du mythe qui en a découlé : l’autre côté du miroir. Mais ne vous méprenez pas, car les merveilles développées ici sont plus proches de l’aspect technologique que fantasmagorique, quant à la réalité… tout dépend de quel côté du miroir l’on se trouve. Follow the white rabbit, if you dare…
L’histoire :
Catherine Hamilton est une joueuse très connue dans l’univers du jeu virtuel « Guerres médiévales ». Son palmarès est impressionnant, tant et si bien que le créateur de Sorcière, l’intelligence artificielle qui gère non seulement le jeu, mais également tout ce qui a trait à la technologie de la terraformation et des armées martiennes, vient la contacter pour lui demander de l’aider à supprimer un certain Mexicain, sorte d’opposant sudiste prêt à déclarer la guerre au nord. Le créateur n’a qu’un but : préserver Sorcière de l’attaque préventive du Mexicain, afin que Mars puisse continuer sa terraformation. Il parvient à convaincre Catherine du bien-fondé de cette action, et cette dernière retourne à son morne quotidien. Elle va alors faire la rencontre d’Alice, sa petite voisine qui vient juste d’emménager. Une amitié naît entre les deux jeunes filles, et lie, tant réellement que virtuellement, leurs destins… à jamais.
En Gros :
Etrange One-shot que cet « Alice », où le jeu du miroir est constamment utilisé tant concernant l’univers réel (Mars) que virtuel (le monde moyenâgeux de « Guerres médiévales »), la petite Alice qui souhaiterait être la grande Catherine, et la grande Catherine qui retrouve en Alice l’enfant qu’elle n’a pas été. Tout est prétexte dans ce récit à jouer de l’effet miroir, ce qui est un bon exercice d’écriture, mais cette histoire est bien trop courte, et le récit se presse à finir, jouant de l’ellipse à outrance sur les derniers temps forts, alors qu’une dizaine de pages de plus, ou carrément un album de plus, auraient permis de donner plus d’ampleur à ce récit qui se voulait, en un sens, ambitieux quant au double message qu’il pouvait délivrer.
Le dessin de Jean-françois Cellier, qui a coscénarisé « Alice » avec Frédéric L’homme, est magnifique à la lecture, mais lorsque l’on se penche sur les cases, on remarque que la couleur très poussée lui permet de camoufler nombre d’erreurs anatomiques flagrantes. On regrettera également que certains personnages ne se tiennent pas d’une case à l’autre, certaines attitudes n’étant pas totalement maîtrisées. Mais l’ensemble est un plaisir pour l’œil.
« Alice » est un ouvrage sympathique, mais qui malheureusement aurait vraiment mérité quelques pages de plus afin de permettre aux auteurs de s’exprimer pleinement, et d’éviter cette fin qui tombe un peu à plat. Bref, à conseiller pour les amateurs de belles planches.
Editeur : Soleil
ISBN : 9782302 009400
Prix : 12,90 €
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