08.06
2010

Ne reculant devant rien pour votre satisfaction, votre ami Monsieurwar s’en est allé, sous la pluie et le vent, rencontrer la jeune artiste Enora Lalet dans un château lugubre en Transylvanie pour parler de son exposition « COOKING TEARS » (vernissage le 10 juin 2010 à 19H, espace 29). Quelques hectolitres de bière plus tard, il revient à moitié vivant, mais avec une interview exclusive de la pâtissière de l’enfer…

Bonjour Enora, comment vas-tu ?

Bien. Je prépare la plus grande expo que j’ai jamais faite. Je suis super excitée, joyeuse, exténuée, mitigée, overbookée, stressée et dépouillée.

Présente-toi en quelques mots pour nos lecteurs en manque de sensation !

Heu… Je suis photographe et plasticienne, j’ai 24 ans et j’ai fait mes études en Arts plastiques à Bordeaux III. J’adore cuisiner. J’aime pas la viande, c’est pas bon et c’est moche de manger les autres. J’adore lire, manger des tartes aux citrons, regarder des séries débiles avec une glace, regarder les vieux albums photos, voir monter la crème pâtissière ou la béchamel de maman, sentir l’odeur du jasmin et des draps propres.

T’as pas des détails plus croustillants que ça ? Un petit effort !

Croustillant comme croustiwar ? (ND : private joke…) Ok je viens des landes, j’avoue tout, en plus je suis née à Biarritz et je suis à moitié bretonne ! (ND : là, c’est du lourd…)

Depuis quelque temps, ton nom est associé à une multitude d’expos sur Bordeaux. Qu’en est-il de celle du 10 juin ?

C’est une exposition qui retrace les débuts du projet Cooking Faces jusqu’à aujourd’hui. Vous aurez l’occasion de voir une cinquantaine de pièces, notamment des grands formats mais aussi une nouvelle série que je prépare depuis plusieurs mois : les Cooking Tears ! Mais ce n’est pas tout ! Vous pourrez aussi voir les dessous de la réalisation des photos grâce à Gaelle Pertot qui nous a concocté une petite vidéo sympa sur les rythmes de Sacha Bernardson. J’ai aussi invité des performers, le collectif des Mains dans les Pioches au dévernissage. Je vais être dans une boîte avec eux (suspens…) Quant au vernissage, il sera normalement grandiloquent puisque nous avons, avec des couturières, créé des robes en mouchoirs en papier que des modèles peints porteront, coiffés de postiches monumentaux par Laëtitia Cantet, spécialiste dans ce domaine. Les visages pleureront du comestible en écho au titre de l’expo Cooking Tears. En bref, c’est une exposition copieuse où se croisent les matières et les médiums artistiques. Ce qui m’intéresse c’est de faire participer d’autres artistes que je trouve talentueux et de créer un grand festin visuel, sonore, gustatif, tactile et de faire sourire le spectateur, l’étonner ou même le dégoûter (c’est amusant aussi).

ND : dégoûter le public avec plein de jeunes femmes roucoulantes et sucrées, pas sûr que t’y arrives, gamine ! (Remarque macho gratuite, le retour.)

Comment s’organise ton travail en règle générale ?

C’est très souvent dans la nuit que j’ai mes idées, alors je me lève pour les noter, faire un croquis. Au départ, j’ai surtout fait poser mes ami(e)s, les cobayes des prémisses, puis maintenant lorsque je rencontre d’autres personnes, elles viennent vers moi pour tenter aussi l’expérience du Cooking Faces. C’est bizarre parce qu’à la fois les gens sont dégoûtés par certains aliments collés a la peau ou à une certaine couleur, mais ils ont quand même envie de le faire. Je ne comprends pas… Sans doute un fantasme !

Bref, revenons à la question, ensuite lorsque c’est le jour de la prise de vue, il m’arrive de préparer à l’avance les aliments si besoin. Je peins d’abord le visage de la personne, ça dure entre 40 minutes et 1h30, je termine au pinceau pour le contour des yeux et ensuite je prépare tout (fashs, pied, tissus) avant de faire la pose alimentaire parce que ça va souvent très vite, surtout s’il fait chaud, ça fond, coule, tombe… Bref, pas si facile de maîtriser la texture alimentaire. Et puis ensuite je me dépêche d’immortaliser l’instant avant que ça devienne bouillie ! Je sais pas si j’ai répondu à ta question en fait…

ND : oh ben moyen, mais c’est rien. Cons de jeunes !


Tes projets pour le futur ? Possèdes-tu d’autres casquettes ?

Pour le futur, je vais aller démarcher à Paris bientôt parce que j’ai un peu fait le tour de Bordeaux maintenant. Je participe à un festival à Macau début septembre et je commence à me brancher avec les maisons d’éditions pour faire un livre. Un livre de cuisine ça me tenterait aussi.

Quel est le rapport entre le Metal, la pâtisserie et la photo d’art ?

Très bonne question, j’en étais sure que tu calerais une question dans ce genre ! Ils interpellent tous trois nos sens auditifs, gustatifs et visuels.

Un fruit, une chanson, une boisson, un dessert, une marque de slip.

Le ramboutan. « L’accordéoniste ». Le chaï ou le lait de soja, j’hésite. Le fondant chocolat au cœur framboise. Chantal Thomass.

Skulking, tu connais ?

Bien sûr ! Olivier a écrit pour moi un formidable texte sur mon travail. Merci Mamar !

Le mot de la fin pour nos lecteurs !

Venez tous le 10 Juin vous régaler les yeux, les papilles, les oreilles, au vernissage à l’Espace 29 ! La « goinfrance » sera au rendez-vous !

Voilà, chers amis. Vous savez ce qui vous reste à faire ! Pour ma part, j’y serai. Et je ferai pour Skulking, en tout cas si le Webmestre ne m’a pas défenestré d’ici là, un compte-rendu pédant et imbitable de l’expo !

Le blog d’Enora sur les Cooking Tears c’est là: http://www.wix.com/enoralalet/site

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