2010
A peine revenu de Transylvanie, votre ami Monsieurwar est reparti dans un château en Ecosse, brumeux et sordide, pour y rencontrer Maîtresse Domina aka Gaelle Pertot, qui participera à l’exposition d’Enora Lalet « COOKING TEARS » le 10 juin à l’espace 29, Bordeaux. Quelques bouteilles de Bourgogne plus tard, il vous revient, les fesses lacérées au fouet clouté, mais détenteur d’une interview exclusive pour Skulking…
Bonjour Gaelle, comment vas-tu ?
Bien !
ND : c’est pas gagné.
Présente-toi en quelques mots pour nos lecteurs en manque de sensations ! N’hésite pas à raconter n’importe quoi, ça fera vendre !
1M80, grande, blonde, sexy et souriante ! Et sinon, plutôt brune, petite au regard assassin. A vous de choisir ! ND : je vais me taire, ça sera mieux…
Pas mal. Parle-nous de ton travail de vidéaste en général.
La vidéo, je m’y suis mise dès ma première année de fac en arts plastiques, j’avais toujours hésité entre cinéma et arts plastiques, j’y suis allée un peu par hasard car le dessin, peinture, etc. ne me correspondaient pas vraiment. Par chance, il y avait un atelier « art vidéo » que j’ai suivi pendant cinq ans. A coté de mes travaux universitaire, j’ai développé une production plus personnelle, celle que je garde et diffuse maintenant est souvent hors contexte des études.
L’art vidéo est un nouveau média qui, me semble-t-il offre de nombreuses libertés formelles car c’est un média qui est en perpétuel devenir. Concernant mon travail, je suis intéressée par le fait de créer une image qui dégage une sensation. Je ne cherche pas de narration, mais plutôt une peinture vivante sans histoire précise ou interprétable de multiples manières, car ce qui importe avant tout c’est le sentiment qui passe. Ensuite, au sujet du sentiment, j’essaie juste comme beaucoup d’autres de représenter une essence de la vie, de tenter de répondre à la question de la « vérité » ou de la poser de la manière la plus juste possible.
Depuis quelque temps, ton activité se centre également sur l’écriture et la lecture de tes propres textes en public…
Oui, depuis quelque temps, je me suis remise à écrire. J’ai toujours écrit, bien avant de connaître la vidéo et j’y reviens par besoin et par envie tout simplement. Je prévois de laisser la vidéo en suspens pour me consacrer uniquement à l’écriture en réfléchissant par la suite à comment allier les deux ; peut-être en construisant des scénarios, mais cela reste des suppositions. Cependant, j’ai eu aussi l’opportunité d’interpréter un de mes textes accompagnés du musicien, ici pianiste, Olivier Galinou. Ce concert, organisé par l’association Mange Le Chat, à l’Amadeus Song de Bordeaux, a été une importance expérience. Elle m’a ouvert à de nouvelles possibilités d’exprimer le texte et je compte poursuivre ce projet.
Comment s’organise ton travail en règle générale ?
Cela dépend vraiment de pleins de choses, déjà si je travaille avec quelqu’un (clip vidéo ou autre) ou si je travaille seule. Ma technique de travail évolue aussi. Par exemple, avant, que ce soit dans la vidéo ou dans l’écriture, je travaillais uniquement dans la pulsion et je commence maintenant à retravailler cette partie, en ayant un point de vue un peu plus détaché. Donc on peut dire que dans l’organisation, il y a la partie pulsion créative, puis réflexion, retravailler sur la même matière et surtout, demander des critiques extérieures. Après, se rajoute un autre aspect que je maîtrise encore mal, évoluer dans un réseau et multiplier les expositions.
Tes projets pour le futur ? Avec « mange le chat », par exemple, ou sans !
Pour le futur, je suis sûre de vouloir partir à l’étranger et plus précisément à Montréal au printemps prochain. Montréal est une grande ville conviviale qui semble être au centre de toutes les villes importantes du Canada et Etats-Unis proches. J’ai l’intention de continuer à travailler là-bas et à voir ce que cela donne.
Le bruit court que tu es une grande fan de Manowar. Parle-nous donc de ta passion pour le Metal, les bottes en fourrure et les slips en cuir cloutés.
Les bottes en fourrure et les slips en cuir cloutés sont peut-être issus de tes fantasmes sordides et pervers (ND : tout à fait), mais pour Manowar, c’est un peu vrai ! Disons qu’à chaque période critique et intense de ma vie, comme une période d’examens, de concours, etc, j’écoute Manowar, Warriors of the World, avant chaque action et j’ai l’impression d’être un barbare qui part à la guerre !
Une chanson, un meuble, un pays, un jeu de société et une espèce de requin.
Ecouter The Rythm of the night de Corona, assise sur un fauteuil Voltaire, dans un château en Ecosse jouant au poker avec un requin-marteau. N’est-ce pas le paradis ?
Bien sûr! Je crois que les gens qui en font partie sont fous mais les articles sont passionnants !
(J’espère être payée en chocapics.)
ND : que dalle !
Le mot de la fin pour nos lecteurs !
Pertot !
Vous voici, chers lecteurs, mieux informés sur le travail et la personnalité perverse créative de Gaelle, qui erre dans les brumes de l’art comme un fantôme perspicace et glacé. N’hésitez pas à venir la soutenir jeudi prochain lors de l’exposition Cooking Tears, mais aussi le vendredi 18 juin, à 19h et samedi 19 juin de 14h à 18h, invitée par l’association Art et fils, exposition collective, concert et scène ouverte, thème « tu t’imagines que je vais te laisser faire joujou dans mon atelier ? », 8 rue Binaud à Bordeaux.
Le blog de Gaelle c’est là : http://gaelle-pertot.over-blog.com/
Un (super) clip réalisé par Gaelle ci dessous :

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