01.03
2010

NINJA ASSASSIN

Il est des mots qui, perçus par l’oreille du fanboy, déclenchent en lui une vague d’énergie et un sentiment de puissance digne de lui permettre d’ouvrir la mer Rouge (oui, les geeks sont le peuple élu des dieux de l’imaginaire…) : épée à deux mains, Wolverine, boule de feu, Viking, j’en passe et des meilleurs…

Il était donc normal d’espérer qu’un film ayant pour titre Ninja Assassin, deux de ces fameux mots de pouvoir, nous pousse post-projection à tenter de nous dissimuler dans le noir, au cœur de sombres ruelles, pour fondre sur nos innocentes victimes. Rien de tout cela en réalité. La seule raison qui vous poussera à vous dissimuler aux yeux des autres, c’est la honte d’être resté jusqu’au bout d’une telle aberration.

Jamais un film supposé d’action et conçu par un réalisateur au demeurant potable (ici le James Mc Teigue de V pour Vendetta) ne m’a autant ennuyé. Le film met des plombes à démarrer, balançant d’abord entre une enquête de l’Interpol du pauvre (où une expert comptable enquête sur l’existence d’une secte de ninjas au travers du compte rendu d’un ancien membre du KGB…si si…), et les flashbacks à répétition du dit ninja, expliquant son difficile passé d’enfant ninja, dans un temple secret ninja, avec un maître ninja très dur pour l’homme (il exécute par exemple ceux qui essaient de fuir… ça, c’est de l’éducation de ninja).

La seconde partie, après un twist digne d’un épisode d’une série policière allemande des années 80 (le ninja du titre est en fait sympa et veut juste se venger de ses anciens potes ninja !), oscille entre humour potache et scènes d’action illisibles où tous les effets sanguinolents ont été créés en 3D, histoire de toujours plus ennuyer le spectateur, qui plutôt que de voir de la barbaque, a droit à des jets de sang synthétique du plus mauvais effet.

Le scénario se tire lui même une balle dans le pied (et pas facile d’attraper un pistolet lorsqu’on est une série de pages reliées par une barre de plastique) en présentant tout et son contraire concernant les capacités des ninjas. Ils sont par exemple imbattables dans l’obscurité contre des membres des forces d’élite allemandes (oui le film se passe en Allemagne, ne me demandez pas pourquoi… peut-être une survivance de l’Axe du mal Allemagne-Japon… je suis sûr que les ninjas nazis devaient être plutôt coriaces…), ne prenant aucune des nombreuses balles perdues parcourant le champ de bataille, mais sont incapables de réagir entourés de quelques torches face aux mêmes troupes. De la même manière, un ninja capable d’entendre les battements de cœur d’un être humain à l’autre bout d’une pièce n’entendra pas venir trois Hummer grimpant le chemin menant au temple secret des ninjas caché dans la montagne…

Le coup de grâce m’est donné pendant le générique, lorsque s’affiche le nom de J. Michael Straczynski comme co-scénariste de l’œuvre… Straczynski, brillant scénariste de comics comme Midnight Nation ou Rising Stars…
C’est décidé, je me cantonnerai désormais à American Ninja ou au Ninja Blanc pour occuper mes soirées. Michael Dudikoff a lui quelque chose à dire…

Qu’est ce qui est noir et en petits morceaux ?
Des ninjas démembrés ! Yeah
(Merci Tank Girl !!)

1 commentaire pour l'instant

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  1. Olivier

    Très bonne chronique, ce film est affligeant, le scénario, les effets spéciaux, a part quelques chorégraphies de combats… qui sont toutes gâchées par l’abus d’effets sur le sang et sur le Kusari-gama. Mouarf !