23.11
2009

Mutants_le_filmMutants, film de 2009, sélection du Gérardmer 2009. Sorti au cinéma en mai 2009 (ah bon ?) et en DVD le 18 novembre. David Morley, réalisateur de ce film d’horreur, s’était déjà illustré par un court métrage ayant pour thème le confinement. Helène de Fougerolle y tient le rôle de Sonia, une urgentiste à l’arrache (elle m’avait fait rire dans Les Dents de la Nuit).
Francis Renaud participe également au film, il tient le rôle de Marco, un urgentiste à l’arrache. On ne dira pas que les deux ont une liaison en dehors des liens du mariage…Rahhh, mais c’est horribleuh.
On retrouve aussi Dida Diafa, Monsieur boxe thaï, dans le rôle de Virgile.

Le pitch : un virus transforme les gens en créatures sanguinaires, Marc et Sophie, pardon Marco et Sonia vont faire leur possible pour survivre dans une France ravagée par ce mal…

Mutants commence relativement fort, avec une camionnette du SAMU roulant à toute berzingue sur une route en pleine forêt… Ça fait penser aux Vosges (en fait, c’est la Haute-Savoie), on voit rapidement que la camionnette est comme « poursuivie» par des zombies véloces… Enfin, des gens malades quoi. La scène se se termine d’ailleurs par l’explosion pure et simple d’une zombinette vs la camionnette. Cette première démonstration tend à montrer le registre des effets spéciaux de la réalisation : liquide, projections, écoulements, pulpes, on ne sera pas dans le dur, mais dans l’évocation aqueuse et ce, constamment sur les 85 minutes de Mutants.

mutants1Dans le véhicule du SAMU, la panique : un homme en pleine hémorragie, Sonia lui fait les premiers soins… À ses côtés une militaire (ou mercenaire on ne sait pas trop). Rapidement ça dérape : l’homme a contracté le virus. La militaire fait stopper le véhicule et le flingue ni une ni deux.
On se dit pourquoi pas ? Ça part sur les chapeaux de roues, l’ambiance montagnarde enneigée, avec des hurlements de-ci de-là, fonctionne très correctement.
Malheureusement, la mayonnaise sitôt montée retombe trop rapidement. Lors d’un passage dans une station-service (il l’avait dit Danny Boyle que les stations-service, ça ne le faisait pas…), Marco se fait infecter et la militaire dézinguée. S’ensuit un départ pour l’hôpital, où Mutants va s’enterrer. Car c’est la seule image qui me vient, Sonia fait son possible pour soigner son amant, tandis qu’il mute… Bah oui il mute !! mutants2Tous les moyens sont bons pour tuer le semblant de rythme donné par l’intro. On s’ennuie ferme dans ce passage, c’est larmoyant, ils s’aiment, mais c’est difficile (il mute), Arf. Du coup hop ! On apprend que Sonia est potentiellement immunisée et là c’est le drame : c’est reparti pour soigner Marco l’amant urgentiste zombie.
Finalement, arriveront des étrangers qui auront entendu les appels de détresse de Sonia (via la radio). Bien entendu, ils seront pires que les zombies… C’est prévu, attendu et mal joué.
Le final avec l’assaut des zombies, l’arrivée des militaires sera pitoyable… Et on se dit qu’on a perdu une bonne heure et demie à regarder ce film…

Pourquoi je n’ai pas aimé, en détails cette fois : tout d’abord la musique, sympa, mais carrément pompée sur 28 jours plus tard. Ça, c’est fait. Les images : le réalisateur se plaît à jouer sur la matière des zombies et c’est bien fait. A priori, il s’y attarde trop, délaissant tout le reste ; l’ambiance neigeuse devient vite fadasse et l’hôpital vide est chiant à mourir (d’ailleurs…).
mutants3Les scènes d’action, mouais, la moitié du temps on ne voit rien, je suppose que c’est pour susciter une certaine tension… Au pire, on est bon pour une migraine ophtalmique en cherchant à voir dans les flous et autres brumes des combats. La giclette de sang est la signature de notre réalisateur qui s’amuse constamment à nous faire des courbes, effets de sprays et autres démonstrations graphiques avec le sang des victimes.
L’équipe d’acteurs, là encore c’est pitoyable. Hélène de Fougerolles en mode « déconne » ça tourne, en mode sérieux tragique… faut arrêter et changer de style. Le reste de la galerie est inodore, incolore. Le pire reste à venir avec les incohérences du scénario. Qu’ils n’aient pas lu le guide de survie en territoire zombie passe encore, on va dire. Que les protagonistes fassent n’importe quoi (genre avec des fumigènes) me fait me demander comment son groupe de méchants aventuriers a pu survivre jusque-là. La scène finale avec Marco le zombie coincé dans trois fils de fer barbelés est ridicule à souhait, et pour vraiment écœurer tout le monde, vous saupoudrez tout cela d’un soupçon d’histoire d’amour, de mièvrerie sentimentale…
Deux derniers trucs : ce n’est pas plus mal que la militaire meure au bout de cinq minutes de film, car elle est tout bonnement insupportable. Et enfin, le zombie qui pisse du sang sur la tinette pendant trente secondes, quel intérêt ? Ça ne sert pas le propos et c’est caricatural au possible.mutants5

Alors une chose : comment un scénar de ce style a pu être validé ? Ce n’est pas possible de prendre le spectateur, le fan de zombie pour un naze à ce point. Sorti des trois jolies images du film… Y’a rien. Si je veux une étude psychologique des individus, de leurs rapports et de leurs sentiments, j’irai voir Rohmer, pas un film de zombies.
Morley est parti hors des sentiers battus, soit, mais visiblement par manque d’idées, il arrive à faire de Mutants un film totalement indigeste.

Réalisateurs : David Morley
Studio : Tf1 Video
Date de sortie du DVD : 18 novembre 2009
Durée : 85 minutes

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