2009
Moon est un film anglais de Duncan Jones (fils de David Bowie), sorti en Angleterre en juillet 2009 et qui arrivera en France en avril 2010… C’est un thriller SF assez particulier, car il fonctionne en gros comme un huis clos avec « un seul acteur » à savoir Sam Rockwell.Très intrigué par le pitch et l’ambiance potentielle, je me suis lancé à l’abordage de ce film.
Sam Bell vit depuis plus de trois ans dans la station lunaire de Selene, où il gère l’extraction de l’hélium 3, seule solution à la crise de l’énergie sur Terre. Souffrant en silence de son isolement et de la distance le séparant de sa femme et de sa fille, il passe sont temps à imaginer leurs retrouvailles.
Mais quelques semaines avant la fin de son contrat pour l’entreprise Lunar, Sam se met à voir et à entendre des choses étranges… D’abord convaincu que son isolement y est pour quelque chose, il se retrouve malgré tout à enquêter et découvre que si ses patrons ont prévu de le remplacer, ils n’ont jamais projeté de le ramener. À moins que ce soit la Lune qui ne souhaite pas le voir partir…
Tout d’abord l’ambiance : eh bien avec un cadre relativement minimaliste, très rapidement on est pris par l’intrigue de Moon. Ne vous attendez cependant pas à des montées en puissance ou de violentes accélérations. Duncan Jones tisse une trame, distillant petit à petit ses révélations. Entre méditation métaphysique et une mélancolie clairement affichée, l’identification et les questionnements de Moon affectent le spectateur. Parfois un peu facile, avec des ressorts décryptables aisément, Duncan Jones ne nous mène pas par le bout du nez, mais néanmoins arrive à garder une certaine sincérité qui rend l’ensemble attachant.
Moon est servi par une bande-son d’où la plupart du temps semble suinter une menace, effectivement invisible (le premier qui dit fantôme je l’éclate). C’est de la pop, et on retrouvera des touches à la Godspeed You Black Emperor (maître étalon dans le domaine) ou Silver Mount Zion. Parfois le son partira sur des ambiances plus mélancoliques, voire carrément tristounes – là forcément j’adhère moins – mais totalement nécessaires par rapport à la cohérence de la narration.
Les images sont d’une grande beauté, peut-être le thème de la face cachée de la lune ou l’espace qui quelque part facilite le rêve ou en tout cas l’aspiration à la beauté « naturelle » des choses. Les décors de la base en eux-mêmes sont relativement simples, pratiquement abstraits et ceux-ci collent à l’image de ce que l’on peut attendre d’une base lunaire. Certains effets spéciaux sont un peu « cheap », les extérieurs de la base lunaire par exemple, mais au final ça ne gêne pas au regard de l’histoire. On pourra retrouver des similitudes avec 2001 l’Odyssée de l’espace, entre les décors et l’ambiance épurée ou même la présence de Gerty (le robot-ordinateur avec la voix de Kevin Spacey). Forcément on y pense, mais très rapidement on s’éloigne de cette base, enfin je trouve et Moon arrive à garder une singularité certaine. Sérieusement j’ai adoré Gerty, le robot (non toujours pas Robby) qui a un rôle majeur dans Moon.
Je considère que Moon est un excellent divertissement, avec des partis pris assez intéressants et une finesse qui reste toujours présente, on n’a pas droit à la conclusion à la con genre on évite l’écueil des grandes réponses à la fin de Moon et ça fait du bien de laisser des vides que rempliront eux-mêmes les spectateurs.
A voir absolument sans lire de critiques ou de pitch, juste à découvrir !