12.04
2010

Afin de rendre hommage dans les meilleures conditions au film de Louis Leterrier, Le Choc des Titans, Skulking vous propose deux avis pour le prix d’une chronique. Dans le but de gérer au mieux les tensions que peuvent générer les discours un tant soit peu différents, nous avons préparé avec soin une arène du meilleur goût que Spartacus ne renierait pas… Fi des bonnes manières, c’est dans le sang que cela doit se régler, le léger antinomisme s’est transformé en antagonisme, et pour ne pas attendre jusqu’aux calanques grecques (oui je sais…), afin d’éviter qu’un truc vieux comme mes robes (oui je confirme) nous tombe dessus : nous avons pressé à hue et à dia Deadpoule et Insomnia afin que leurs nerfs lâchent et qu’ils s’affrontent à mort. Rien pour les Dieux, juste des lignes pour vous oh fanatiques de l’arène ! Habitués ou visiteur unique du site.

1m70 et 40 kilogrammes de haine, cet homme, messieurs, machouille des lapins morts…Je vous présente Deadpoule le cinéphage (y lapinophage tambien).

Jupettes et testostérone sont de retour. Quelques années après un 300 où les Thermopyles nous étaient donnés à voir façon Têtu et stéroïdes, la Grèce antique est de retour avec Le choc des titans, remake d’un film culte des années 80 par Louis Leterrier. Oups. Associer le charme suranné des effets spéciaux à la Ray Harryhausen (animation image par image) au réalisateur d’opus décérébrés de l’acabit de Danny the Dog ou du Transporteur, tout cela fleurait bon le film en mode Héphaïstos, autrement dit plutôt bancal. Mais la Pythie avait semble t-il piscine sur ce coup là, et nulle trace de la catastrophe annoncée.

Le scénario reprend dans les grandes lignes celui de son illustre prédécesseur : Persée, demi-dieu malgré lui, va tenter de faire l’impossible : s’opposer aux Dieux de l’Olympe, et tenter de défaire leur plus puissante création, le Kraken. Ici, donc pas de fidélité mythologique, puisque de pures inventions modernes (le Kraken), croisent des personnages mythiques utilisés cependant hors de leur contexte original (Io). Ce salmigondis antique ne pose cependant pas de problème, n’étant que le moteur d’une intrigue toute dédiée à l’action. Car oui, on est ici plus proche de God of War que de l’Illiade et l’Odyssée. L’intrigue globale pêche en effet parfois par le manque de clarté donnée aux motivations des personnages, et l’enchaînement sans temps mort des séquences de bravoure, parfois résolues très (trop ?) rapidement. Là où cependant la structure se détache quelque peu du blockbuster standard, c’est dans ses poncifs, plus discrets pour l’occasion : l’humour n’y est présent que par petites touches, et la sempiternelle romance n’est qu’à peine esquissée. Aucune embrassade à pleine bouche entre les protagonistes durant toute la durée du métrage, c’est assez rare pour être souligné.

Mais c’est bien dans le visuel que réside la plus grande force du film, tout simplement parcequ’on en prend plein la gueule. Aller voir un film comme Le choc des titans, c’est signer pour de l’action non-stop chargée d’adrénaline ; c’est assumer le demi-dieu grec qui sommeille en chacun de nous ; et c’est se rappeler ce que la mythologie grecque a de si fascinant. Cette fascination, Louis Leterrier a su se l’approprier, et chose rare, il est parvenu à imposer sa vision tout en rendant Warner Bros satisfait du résultat. Le design de Charon ou du tortueux temple de Méduse montrent que rien n’a été laissé au hasard, que Leterrier et profondément fan de son matériau. Parvenant à imposer des comédiens peu connus (Terminator Salvation et Avatar n’étaient pas sortis au moment du tournage, et personne n’avait entendu parler de Sam Worthington), pour beaucoup européens ; choisissant de tourner ses extérieurs en Europe, le réalisateur français réussit à apporter sa patte sur un film qui aurait été sans cela probablement très creux.

Certes, certains comédiens restent fades, notamment dans le groupe de guerriers qui accompagnent Persée. Mais Mads Mikkelsen et son monstrueux charisme rééquilibre la chose. De la même manière, les scènes de combat sont quelquefois brouillonnes, Leterrier ayant semble t-il comme gimmick de les mettre en scène en installant l’antagoniste au centre de plusieurs combattants, qui se font ainsi progressivement tous éjecter de l’affrontement, avant que l’un d’eux ne parvienne finalement à le défaire. Mais le fun des situations rattrape ces petits défauts : ne serait-ce que pour l’affrontement dément avec les scorpions géants (des SCORPIONS GEANTS!!), le film vaut le détour.

C’est sur cet équilibre que repose tout le métrage : ce n’est pas un chef-d’œuvre du film d’action, mais il n’a la prétention que d’être une bonne série B. Ni plus, ni moins.

Venue des vertes vallées de la Seine, celle que l’on nomme l’arracheuse de tripes, le fléau des nains (et des jardins), le Balrog du prêt à porter, voici Insomnia :

J’ai testé pour vous Le Choc des Titans de Louis Leterrier et grand bien m’a pris de ne pas tous vous emmener avec moi car je pense que vous m’en auriez voulu un moment. Bon certes, j’exagère sans doute un peu puisque l’on peut considérer que 2h dans une vie, ce n’est pas la fin du monde… c’est toujours moins insupportable que Inland Empire de Lynch pendant 3h… oui désolée, je dois être un peu ras des pâquerettes…

Bref, en quelques mots car je ne pense pas que cela vaille le coup d’en faire 3 feuillets : Le Choc des Titans est un film d’action (sur cet aspect, rien à dire) qui ne colle aucunement à la « réalité » du mythe et qui prend les aspects les plus grand public afin de faire dans le sensationnel : le kraken, Méduse, Zeus et Hadès, les Enfers… Persée, mi-dieu mi-homme ressemble à une sorte de Spartacus s’élevant contre la tyrannie des dieux… « Je vengerai mon père le pêcheur et ma famille tués par les boules de feu d’Hadès et je hais les dieux »… Ok ! Ah oui, on a aussi une bonne dose de chevaux ailés parce que ça, c’est quand même hyper cool.

Je vous passe les scorpions géants harnachés, tellement qu’on dirait des Oliphants, tellement qu’on a la sensation d’être repartis dans la quête de l’anneau… et les 3 sorcières stygiennes qui ressemblent comme deux gouttes d’eau (trois même) à « la mort » de Hellboy et plus généralement aux monstres de Guillermo del Toro.

Je vous laisse aussi dubitatifs que moi quant à la présence d’Io qui semble s’être amourachée de Persée, ou l’inverse… et ses capacités au combat absolument stupéfiantes… Lara Croft peut dormir en paix, la relève est là… Quant à Zeus, ce petit côté patriarche sympa a quelque chose d’assez pénible ! Les autres dieux sont des figurants n’ayant pas voix au chapitre.

Des effets spéciaux très réussis, je ne l’ai pas vu en 3D donc je ne peux pas vous dire si ça valait le coup de passer par la case lunettes mais ça ne changera rien au gloubiboulga en fait. Un film d’action, des scènes grandioses, une belle photo mais bon… pas de quoi en faire un jeu vidéo ou nous en assommer depuis des mois…

6 commentaires pour le moment

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  1. Insomnia

    Oui mais bon la mienne est clairement moins travaillée !!! Agh ces femmes !

  2. Olivier

    Est-ce que quelqu’un à vu le fin jeu de miroir entre les titans et les chroniqueurs ? Ca me semble évident, mais j’ai un doute… :)

  3. Olivier

    Du coup plus de caractères, plus d’images :)

  4. monsieurwar

    j’aime bien… Athéna contre Hermes, en gros…

  5. [...] ainsi que Gemma Aterton, qui a la cote en ce moment puisqu’on l’a récemment vue dans Le choc des titans dans le rôle de Io (« Io Xena la [...]

  6. pkoi les gens aime pas les anciens films!