26.07
2010

Voilà longtemps qu’on n’avait pas vu un film aussi exceptionnel que celui-là.
Réalisé par Christopher Nolan, (Batman Begins, The Dark Knight), Inception constituerait bien son chef-d’œuvre absolu.

Tout commence avec Dom Cobb (Leonardo Di Caprio), un spécialiste du vol de secrets enfouis dans le subconscient des autres pendant qu’ils rêvent : l’extraction. Étant le meilleur dans ce domaine, puisqu’il a lui-même mis au point la technique du « rêve partagé », il met ses talents au service de l’espionnage industriel, tandis qu’il est recherché par la police américaine, car il est accusé du meurtre de son épouse (Marion Cotillard). Obligé de vivre à l’étranger, il remplit avec son équipe des missions confiées par de grands industriels. Au cours de l’une d’elles, sa cible (Ken Watanabe) l’embauche pour une autre mission, sauf que cette fois-ci, il s’agit non pas de subtiliser une idée, mais d’en implanter une dans le subconscient d’un individu (Cillian Murphy) : l’Inception. La récompense pour Cobb sera de pouvoir fouler à nouveau le sol américain, sans le risque d’être arrêté et de pouvoir enfin revoir ses deux enfants, qu’il a dû laisser derrière lui en fuyant. La mission est à haut risque, car l’Inception n’a jamais été réalisée, mais Cobb accepte et forme une nouvelle équipe.

Qualifié de film de science-fiction, Inception est un cocktail de plusieurs genres. L’action y est prédominante et on a parfois l’impression d’être dans un James Bond, un Speed, un Mission Impossible, ou encore un Matrix, car par le prétexte de l’Inception, on est embarqué dans un film à l’intérieur d’un film, lui-même à l’intérieur d’un autre… De l’issue de l’un dépend la suite des autres, telle une réaction en chaîne à l’effet papillon dévastateur. Le spectateur est tenu en haleine jusqu’à la toute fin, qui est extraordinaire.
Inception s’ouvre sur la vue d’un palais asiatique de toute beauté et tout du long, les décors réels ou irréels superbes s’enchaînent, magnifiés par la musique de Hans Zimmer aussi bien dans les moments de contemplation que d’action. La scène où l’eau envahit le palais et la chute de Leonardo Di Caprio dans la baignoire remplie d’eau, filmée au ralenti, est simplement superbe. Si la photo est belle, elle sublime non seulement le domaine du rêve où l’on évolue, mais aussi les personnages.

Leonardo Di Caprio, en personnage principal, nous démontre encore ses talents d’acteur et sort définitivement de ses rôles de jeune premier qu’il affectionnait tant au début de sa carrière. Il a le don de jouer des personnages torturés sans les rendre ridicules. Son côté abimé donne du corps à chacun de ses rôles depuis les Infiltrés de Martin Scorcèse.
Parmi le casting, Marion Cotillard est mise en valeur dans son rôle en demi-teinte et crève littéralement l’écran à chacune de ses apparitions. On note également la présence de : Ken Watanabe, acteur d’origine nippone, vu dans La Mémoire de nos pères et Lettre d’Iwo Jima ou encore Mémoire d’une geisha ; Cillian Murphy (L’épouvantail de The Dark Knight) ; Joseph Gordon-Lewitt (Et au milieu coule une rivière) et Tom Hardy (Rock’N’ Rolla) nous donnent les petites touches d’humour qui font du bien ; Ellen Page (Bliss), la débutante du groupe, apporte un peu de fraîcheur au milieu des apparitions de Pete Postlethwaite, Tom Berenger et Michael Caine.

Le parallèle avec Matrix est inévitable par l’effet d’apesanteur qui règne lors d’une partie du film. Cependant, ce n’est pas une copie. L’élève dépasse le maître. Toute une scène de combat se déroule exclusivement en apesanteur, si bien que l’esprit demande à la raison : « Mais comment ont–ils fait pour réaliser ça ? », car au contraire de son prédécesseur, les effets spéciaux peut-être moins novateurs, sont d’un réalisme tout à fait réussi.

Certes, le concept de l’interaction entre le rêve et la réalité, ainsi que la question de savoir quel monde est le vrai et quel est celui qui ne l’est pas, existait déjà dans Matrix. Cependant, Christopher Nolan va un peu plus loin dans la réflexion et pose plutôt l’interrogation de la raison de l’existence : vaut-il mieux vivre dans le rêve ou la réalité ?

De plus, la famille, l’amour, le couple sont des thèmes sous-jacents qui, sans jamais empiéter sur le sujet principal, font la lumière sur les motivations du héros. Cette profondeur certaine est à noter, car c’est une qualité rare pour un blockbuster. Film aux multiples facettes, Inception est à voir, mais aussi certainement revoir pour apprécier toute la subtilité de son architecture complexe.
Bonne séance !

10 commentaires pour le moment

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  1. Olivier

    Cillian Murphy qui est aussi le héros de 28 jours plus tard :)

  2. Parler de Christopher Nolan sans citer Memento …

    Sinon très bon film :)

  3. R2rien

    C’est clair Memento c’est le film qui l’a révélé et qui, de par son thème, semble assez proche d’Inception… Memento, oeuvre majeur sans moyen :p
    Une 2nde remarque aussi « LDC…sort définitivement de ses rôles de jeune premier qu’il affectionnait tant au début de sa carrière » Mademoiselle Kim je te suggère de revoir l’un de ses tous premiers films Gilbert Grappe et tu me diras si LDC joue les jeunes premiers :) )))

  4. Kim Phenix

    « Prévenue, veuillez vous levez. Vous venez d’entendre les trois chefs d’inculpation qui pèsent sur vous. Les comprenez-vous?
    Oui, Monsieur le Président, se tortille la prévenue.
    La parole est désormais à la défense. Nous vous écoutons. Qu’avez-vous à répondre au premier chef d’inculpation?
    M’sieur le Président, vraiment, je suis confuse, je n’ai pas vu « 28 jours plus tard » sorti en 2002, j’ignorais donc que Cillian en était le héros principal. Par contre, le fait de souligner qu’il figurait dans le casting d’un précédent film de Christopher Nolan (« Chris » pour les intimes) à savoir dans « The Dark Knight » pouvait s’avérer révélateur au sein de mon article.
    Vous reconnaissez donc votre responsabilité sur ce point?
    Oui, M’sieur le Président.
    Très bien. Sur le deuxième chef d’inculpation : vous n’avez pas évoqué « Mémento » au sein de votre article, que répondez-vous? »
    La salle se met à gronder, très choquée.
    « Et bien, M’sieur le Président, répond la prévenue devenue toute rouge de confusion, je suis vraiment désolée de ne pas avoir vu « Memento » sorti en 2000. On m’en dit vraiment que du bien et je reconnais que son caractère exceptionnel pour l’époque, pourrait remettre en cause ma qualification d’« Inception » de chef d’œuvre absolu au sein de l’œuvre de Chris. Cependant, Monsieur le Président, depuis 2000, il a réalisé « Batman Begins » en 2005 et surtout « The Dark Knight » en 2008, deux films tout de même plus récents et touchant un plus large public que les précédents, surtout qu’il paraîtrait que Chris prépare un troisième Batman dont la sortie serait pour 2012. Fan de Batman de la première heure, il me semblait toutefois que leur mention ne soit pas tout à fait hors sujet et pouvait parler à mes lecteurs qui n’ont pas toujours les mêmes références que mes aînés.
    Bien, et sur le dernier chef d’inculpation?
    Et bien, M’sieur le Président, je demande pardon à votre Grandeur, mais voyez-vous, il s’avère que j’ai vu « Gilbert Grape » sorti en 1994, alors que je n’avais que 11 ans, réalisé par Lasse Hallström avec Johnny Depp et Juliette Lewis et surtout dans lequel il y a la troisième apparition de Léonardo Di Caprio au cinéma, dans le rôle d’un enfant atteint d’autisme sur lequel veille son frère (Johnny Depp). Léo jouait si bien, que lorsque l’on proposa le nom de Léo au réalisateur de « Roméo+Juliet » en 1996, celui-ci s’en étonna jusqu’à ce qu’on lui révèle de Léo était en possession de tous ses esprits.
    C’est vraiment à partir de 1997, avec cette version remasterisée de la pièce de William Shakespear, que le grand public français connaît le jeune acteur. Celui-ci enchaîne dés lors avec le succès en jouant Jack dans « Titanic » de James Cameron.
    Voyez-vous, M’sieur le Président, dit la Prévenue toute penaude, je voulais faire référence à ces deux films-là qui ouvrent la carrière de Léo au niveau international et qui connait le succès non seulement en enfant star, mais également en tant qu’adulte. Voilà, euh, bon.
    Entendu, opine du chef le Président du tribunal. Très bien, vous reconnaissez tout de même votre responsabilité dans les faits qui vous sont reprochés, et bien que nous ayons entendu vos arguments, nous vous condamnons à une peine d’intérêt général qui sera de visionner « Memento » et « 28 jours plus tard » dans les meilleurs délais sous peine d’astreinte!
    Merci, M’sieur le Président, sanglote la Prévenue. »
    Et le marteau de la Justice retentit dans la salle…

  5. Kim Phenix

    ;P

  6. R2rien

    énorme !!!!! :)

  7. Kim Phenix

    Y’a plus qu’à, comme on dit! :D

  8. Kim Phenix

    Après avoir (re)vu Memento (et oui en fait, je l’avais vu mais j’ai dû oublier ;) ) et revu Inception, je persiste et signe que ce dernier est son chef d’oeuvre! :)

  9. Dje

    J’ai été voir un Existenz revisité par Christopher Nolan 11 ans plus tard …

  10. Celine

    Merci Djé ! J’allais le dire. Je suis étonnée que personne n’ai fait le rapprochement avant. J’ai vu le film récemment et tout d’un coup dans la salle, je me suis dit.. bah tiens c’est Existenz sans la pieuvre dans le dos mais juste un petit emeteur collé sur le bras !
    Bon sinon, ca passe le temps… comme on dit.