20.03
2010

Il y a deux mois, j’avais parlé de cette série qui débutait aux USA. Après quelques efforts (ah les joies de la toile !), j’ai pu me jeter sur Spartacus Blood and Sand et regarder les épisodes disponibles (la série étant en cours de diffusion aux Etats-Unis).

Spartacus Blood and Sand prend son origine dans la révolte des gladiateurs de Capoue (en Italie méridionale), menés par un Thrace, ancien légionnaire (en tout cas aillant œuvré avec la légion), devenu gladiateur et menant ses compagnons (gladiateurs) à la révolte : une des premières figures révolutionnaires mondiales et historiques, en tout cas une des plus utilisées.

Avec un casting crédible, l’ensemble de cette série tournée en Nouvelle-Zélande pourra satisfaire les plus exigeants. Le trailer montrait un peu de Slow Motion, des effets à la 300, alors pourquoi ne pas jeter un coup d’œil à Spartacus Blood and Sand ?

Le pitch de Spartacus Blood and Sand : un Thrace sans nom, fils d’un chef de tribu, participe à la guerre contre les Gètes, avec la légion romaine, menée par Claudius Glaber. Les Gètes se font repousser, mais au lieu de les poursuivre alors que ceux-ci se dirigent vers les terres thraces, la légion fait route vers l’Est afin d’affronter l’armée du grec Mithridate. Le Thrace, afin d’empêcher que ses terres ne soient rasées, désobéit à la légion et part affronter les Gètes avec ses compatriotes. Incapable de sauver son village, celui-ci sera fait prisonnier par Glaber, sa femme vendue comme esclave et lui mené à l’arène de Capoue pour y mourir. Faisant un combat exceptionnel, il sera épargné et commis d’office dans un « ludus », un lieu où vivent et s’entraînent (voire meurent) les gladiateurs. S’en suivront les chamailleries habituelles entre nouveaux et anciens gladiateurs et tutti-frutti-quanti.

Alors, ça donne quoi ? Je tiens à préciser qu’à cette heure, je n’ai regardé que sept épisodes sur les treize, donc environ 60%, ce qui permet d’avoir un spectre relativement large quant à ce que Spartacus Blood and Sand peut avoir dans le ventre. Tout d’abord, nous sommes bien loin de la série Rome, ce ne sont pas du tout les mêmes principes de réalisation ; on se veut dans une série graphique, qui privilégie avant tout l’action et sa mise en scène. Cela permet de mettre en place un style un tant soit peu novateur et bien sûr rythmé. Le souci dans ce choix c’est que parfois, on frôle l’indigeste.

Tout ce qui est décor d’intérieur est un peu en demi-teinte, l’aspect studio est bien moins pointu que Rome et du coup l’effet cheap est inévitable. Les décors extérieurs : la Nouvelle-Zélande, hum… Quel est l’intérêt ? Tout a été retravaillé à la palette graphique, aucune lumière n’est réelle et donc les images de synthèse sont un peu particulières. Pourquoi ? Personne ne s’y trompe, c’est totalement improbable : parfois c’est hautement symbolique, bon de la symbolique fastoche, mais c’est relativement joli ; et parfois cela nuit à la crédibilité de l’ensemble, de suite c’est moins sympa et hyper kitsch.

La musique, là j’ai trouvé un paradoxe : les trois quarts du temps, ça se passe bien, le quart restant, c’est chaud. Pourquoi ? Vous entendez le petit riff de Metal qui annonce le combat ? Bah oui, ils ont osé… Première fois, je me suis arraché les cheveux et j’ai pleuré des larmes de sang, la seconde fois, j’ai couru me chercher un paquet de chips, trois pizzas et deux bières, comme ça j’étais prêt ! C’est un peu difficile au départ, mais on s’y fait et finalement ça passe (dans la mesure où vous supportez un riff light, attention !).

Les acteurs, Lucie Lawless (Xena) et John Hanna (le frère de l’héroïne dans La Momie) sont crédibles en tant que Dominus et Domina du Ludus Battiatus de Capoue. Claudius Glaber (Haldir, l’elfe le plus laid des Terres du Milieu dans le Seigneur des Anneaux) est inodore. Spartacus est une belle gueule un peu rebelle et silencieuse… Reste Doctore (qu’on a vu dans 300 et Hulk) qui en tant que maître d’arme du Ludus le fait vraiment bien. Je vous avoue que le reste des acteurs ne m’a pas marqué. Nous avons de plus Crixus, le gladiateur gaulois (il a joué dans Xéna, 30 jours de nuit) que j’ai trouvé assez insipide et par rapport aux autres, il est plutôt bon…

Le scénario en tant que tel : le présupposé est intéressant, faire de l’antique pourquoi pas ? Rome avait posé des jalons intéressants. Tout d’abord, on note quelques incohérences historiques, mais bon, on peut passer outre (les armures portées par les légionnaires ne le seront que dans soixante-dix ans, un des gladiateurs survivants lors de la chute de Carthage devrait avoir 100 ans pour être un contemporain de Spartacus, etc.).

Les enchaînements des épisodes : j’ai eu l’effet Dragon Ball en fait… On a l’impression qu’à chaque épisode, Spartacus va prendre des niveaux de héros et monter en compétence. Donc en gros, il va se bastonner, s’en prend dans la tronche systématiquement, puis met une tatane à ses adversaires … Il ne peut pas perdre, c’est le héros hein ! L’ambiance gladiateurs bodybuildés est à l’image d’ « Y a-t-il un pilote dans l’avion ? », c’est un choix, on aurait pu en faire des meilleurs.

Je vais maintenant parler des mauvais choix : les dialogues, OMG ! À côté, dans Deadwood ils sont polis. Si pour vous « Fuck » fait partie du langage courant et doit être mis dans chaque phrase vous ne devriez pas être dérangé par ceux-ci. Reste les scènes dénudées, voire « soft porn », qui émaillent l’ensemble de la série, c’est un peu limite. Dans cette série tout le monde est à poil et dans toutes les positions… Bon.

On reste sur une vision très stéréotypée de l’Antiquité romaine, ce qui permet de faire passer pas mal de messages crus alors que nous sommes sur un média US très aseptisé… Cela manque vraiment de finesse, et si vous recherchez une matière historique tangible vous serez bien triste.

J’aime : la plupart des chorégraphies de combat, le côté on se détache du côté historique pour faire un truc limite jeu de rôle, l’aspect divertissant de cette série.

Je n’aime pas : le premier volet qui est vraiment trop pénible, le téton de rigueur (scène de nu automatique par épisode), le côté images de synthèse, le slow motion. Le scénario trop cousu de fil blanc.

9 commentaires pour le moment

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  1. Olivier

    la saison deux est déja ok, comme quoi en faisant dans le « vulgos fastoche », Mode Bière Chip ON ça marche…

  2. Patrouchef

    je suis curieux de voir quand même. Quand aux scènes de « cul », il faut rappeler que dans Rome, on était bien servi sur la première saison ;)

  3. Olivier

    C’est le niveau supérieur, dans Rome cela ne m’a pas forcément dérangé, la c’est un peu plus « grumph », mais je n’ai pas passé un moment horrible loin de là.

  4. Olivier

    A partir du 7+ ça commence vraiment à tourner… Je mettrais « prex » 3 étoiles :)

  5. [...] un tant soit peu différents, nous avons préparé avec soin une arène du meilleur goût que Spartacus ne renierait pas… Fi des bonnes manières, c’est dans le sang que cela doit se régler, le [...]

  6. Voulez-vous bien faire un effort d’orthographe en se qui conserne le noms des acteurs : ce n’est pas Joe Hanna mais John Hannah (un peu de respect pour un très bon interprète), et pourquoi tout le monde s’obstine à vouloir comparé Spartacus et Rome ?
    Bref, j’aime beaucoup cette série (ne vous moquer pas chacuns ces goûts), je trouve juste à redire sur les décors qui reste limite, mais bon se n’est pas non plus une série à très grand budget.

  7. Olivier

    Effectivement, je ne suis pas à l’abri d’erreurs de frappe (d’orthographe) ou ce que vous voulez. En tout cas, c’est corrigé. Spartacus vs Rome, c’est relativement simple, au delà d’être dans un format équivalent (série TV), la proximité géographique ainsi que la période (antiquité), font qu’automatiquement les comparaisons se mettent en place. De plus, la proximité des périodes de « distribution » font que forcément, on pointe dessus par défaut. Vous remarquerez que pas une fois je ne l’ai comparé à I, Claudius qui pourtant est sur les mêmes bases historiques, mais datant de 1976…
    Pour revenir à Spartacus, cette série malgré un pilote médiocre arrive à sortir son épingle du jeu par les intrigues et le jeu de certains acteurs (John Hannah en tête). Ma vision a néanmoins évolué sur la longueur, car au moment de la rédaction de l’article la saison 1 n’était pas diffusée dans sa totalité, les derniers épisodes rattrapant largement les « déboires » des premiers épisodes (cf. les commentaires). Merci de votre remarque Islo94.

  8. Je m’en excuse de mettre si brutalement pris à vous ( en ce qui concerne les fautes d’orthographe) je devrais en avoir honte puisque comme vous et moi tout le monde en fait. Nous nous sommes compris au moins sur un point : John Hannah est véritablement le leader du clan Spartacus.

  9. Olivier

    No pb Islo. Le principe du site c’est aussi de pouvoir échanger avec les lecteurs :)