2010
Les Pirates de Langkasuka est un film thaïlandais de 2008, qui évoque des événements liés à la piraterie dans le royaume de Langkasuka, lui-même appartenant à l’actuelle Malaisie.
Le royaume de Langkasuka est mentionné dès 1365 dans le Nagarakertagama, un poème épique.
On part sur une base historique relativement crédible, dans la zone actuelle du Kedah, qui a été soumise à de nombreuses influences chinoises, musulmanes, européennes ou encore hindouistes. Avec un background comme cela, pourquoi pas ? Étant donné la présence de personnages hollandais, on peut estimer que la fresque historique des Pirates de Langkasuka doit se passer au XVIe siècle.
Le pitch, à la va-vite : Langkasuka est un petit royaume soumis aux affres de la piraterie, car l’affreux Black Raven allié au prince exilé Rawai ne cesse de le harceler. Un jeune homme, Pari, rescapé d’une attaque de Black Raven vit dans un village paisible et est formé à l’art du Dulum, une magie liée à l’eau et aux animaux marins…Les déprédations des hommes de Black Raven s’accentuent et le village de Pari en subit les conséquences… Et hop, c’est parti pour deux heures de fresques.
Alors ?
Le contexte historique est rassurant et explique certaines scènes avec des émissaires de toutes contrées environnantes, pourquoi pas ? Les décors sont sympathiques (en extérieur), tout ce qui est costume est relativement crédible (enfin, je reviendrai sur le « relativement ») mais alors le scénario, OMG le scénario !! On ne comprend rien, le spectateur a toujours un métro de retard (au moins), les scènes sont coupées à la va-comme-je-te-pousse, ce qui rend la narration totalement chaotique et pénible à suivre. L’histoire est cousue de fil blanc : »oh quelle surprise, le gentil devient méchant, le deuxième gentil devient méchant, les méchants restent méchants », etc. On passera sur les décors studios peu crédibles, certaines scènes où le clinquant devient énormément kitschissime, et surtout où le cosmopolitisme offre une occasion unique pour le scénariste de nous coller nombre de personnages dont on se moque éperdument. Dans le détail, juste pour rire (mode bière/chips ON), j’ai apprécié dans le fourre-tout des ennemis, le clan Wako (des Japonais donc), très connus pour leur miso ultra rapide (Wako minute soup !) : une occasion inénarrable de nous coller des ninjas dans le film… ça ne sert strictement à rien, on a juste droit à un reminder en fin de fresque avec un Bushi pas crédible, en jaune, qui dit moi aussi je suis méchant ! Je me demande d’ailleurs si le réalisateur n’a pas coupé dans tous les sens afin de rythmer son histoire, étant donné que celle-ci souffre de longueur absolue. Eh oui, Les Pirates de Langkasuka, avant tout, c’est long (mais pas très bon) et lorsque l’on voit la reine qui apparaît toutes les dix minutes, en mode hyperstatique, il est difficile de ne pas étouffer un bâillement.
Pari, en enfant, n’est pas top, en héros utilisant la magie (au secours). Black Raven, c’est un peu notre sous Jack Sparrow thaïlandais, mais il est « mage » alors attention… Raie blanche/noire en tant que Yoda/Dr Jekyll & Mr Hide est épuisant de banalité, avec une note particulièrement énervante sur les discours proto zen. La reine Hijau, comment dire ? On aurait mis à la place une photo glacée, ça aurait été la même ; sa sœur Ungu, archère émérite (et amoureuse de Pari), n’est guère passionnante ; Yarang, l’homme à tout faire, combattant absolu qui rattrape toutes les situations et ce, pendant plus de 10 ans, mouaif (surtout le masque). Reste l’inventeur Lim Kiun (un Chinois) qui est un peu le Docteur Tournesol de la bande, proposant des objets anachroniques à tour de bras (aspect comique assuré hum… entre les palmes de natation et les pseudos deltaplanes). Tout cela pour dire que Les Pirates de Langkasuka, c’est également une galerie d’acteurs à la hauteur de la longueur de mes phrases et du film…
En gros, le film se traîne pendant une heure et demie, entre les scènes sur l’enfance, les flashbacks, la politique, les scènes maritimes ; pour arriver à son apex à une scène de combat qui est un mix de Donjons et Dragons (le premier avec le mage Profion, remember) et Troie (pour le côté bataille navale), vous saupoudrez tout cela de canons, de canonniers et hop le tour est joué.
Une petite note, pour les armures de la reine et sa sœur, pour le combat final, où on atteint le sommet de l’Heroic Fantasy peu sexy (et vraiment ridicule).
Si vous voulez voir de la baston avec des effets spéciaux cheap, un scénario emberlificoté dans des anecdotes dont tout le monde se moque, ce film est fait pour vous. J’ai vraiment passé un sale quart d’heure avec ce long (long) métrage, donc je ne vous le recommande pas. Vous aurez été prévenus.
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Ah, ben moi qui étais intrigué par ce film, ça m’évitera de perdre deux heures de ma vie devant une daube…
A quand la chronique sur Napoléon Dynamite ?
« Wako minute soup ». En grande forme, dis-moi…
mais c’est vrai c’est le clan Wako !!!
Non mais franchement faut l’éviter, ou alors seulement en compagnie de Manzana Joe…