05.06
2010

Pigalle la nuit

Paris, de nos jours, quartier de Pigalle. En voyage d’affaires, Thomas croise la route d’une strip-teaseuse dans un club. Il croit alors reconnaître sa sœur Emma, disparue depuis plusieurs mois. Parti à sa recherche, il se retrouve au cœur d’une lutte féroce entre deux clans. Trafics humains, vente de drogue ou encore meurtres, le quartier vit ses heures les plus sombres. Comment sortir Emma de cet enfer ? (Ca, c’est le pitch pour attirer le chaland).

Cette série, diffusée fin 2009 sur Canal+, est disponible depuis quelques mois en DVD. Juste après Braquo, Pigalle la nuit a débarqué sur nos écrans. Une fois encore, on est bien loin des poncifs qui ont hanté notre (ma) jeunesse. Exit le Commissaire Moulin, Navarro et autres Julie Lescaut… (Non, on ne touche pas à Derrick !), et Canal + se positionne clairement comme un bon moyen de découvrir de nouvelles séries françaises. Contrairement à Engrenages, Mafiosa, ou Braquo, cette série s’éloigne des schémas outre-Atlantique afin de proposer une alternative digne d’intérêt.

Pigalle pour moi, c’est en premier lieu le film de Karim Dridi, qui à l’époque, m’avait mis une bonne claque. En abordant la série, j’ai été hanté par ce film, qui finalement, bien malgré moi, m’a servi de point de repère. Cette série, découpée en huit épisodes de plus de 50 minutes, se propose de nous faire voyager dans le milieu de la nuit, servi par une excellente photographie et un casting de choix. Passé le premier épisode, l’appropriation se fait réellement et on attend avec impatience le dénouement, ou tout du moins les indices qui vont nous permettre de comprendre au mieux la situation.

La ligne directrice est simple : deux façons de voir Pigalle s’affrontent pour des bouts du quartier et Thomas arrive tel le grain de sable dans le rouage, permettant un point de vue médian. La disparition d’Emma n’est finalement qu’un fil conducteur parmi tant d’autres, car il y en a d’autres… On verra très rapidement que bien peu d’individus dans cette série sont des anges, et même les personnages les plus « positifs » au premier abord, ont souvent leur face sombre… Je ne rentrerai bien entendu pas dans les détails scénaristiques, mais sachez que l’ensemble est baigné par un onirisme latent, une ambiance crépusculaire très bien rendue et que le personnage principal, au final, est le quartier lui-même.

Bien loin d’être aussi sombre que le film de Karim Dridi, Pigalle la nuit mérite que l’on s’y penche. Sans pour autant proposer une vision idyllique du quartier, l’ensemble est cohérent et relativement réaliste… Si vous aimez Paris sans sombrer dans les poncifs, passez par Pigalle la nuit, cela devrait bien fonctionner.

J’aime : Simon Akbarian est magistral dans cette série, il représente l’esprit Old School de Pigalle ; les plans séquences dans le quartier, l’ambiance nocturne, les phases de déambulation dans les souvenirs ou rêves des protagonistes… La saison deux verra certains personnages récurrents, mais en aucun cas, la série ne s’axera sur les aventures de Thomas et Emma…Le fait que tous les personnages soient dans une gamme grise est assez agréable et on évite de se prendre la tête avec un manichéisme que le lieu rendrait très facile…

Je n’aime pas : le héros qui me fait penser aux hobbits larmoyants de Peter Jackson ; huit épisodes, c’est trop court et on a l’impression de se faire voler sur la fin de la série. La phase sur le tatoueur qui n’est pas réaliste pour un sou (bon, c’est une fiction alors ça passe), la musique passée en boîte de nuit par moment est trop kitsch, tout comme certaines scènes avec trop peu de figurants. Le dernier épisode qui clôt la série en cinquante minutes chrono et résout bien vite toutes les intrigues ; deux épisodes en plus ça aurait été pas mal… Va falloir attendre 2011/2012 pour la suite : ça va être long.

Acteurs : Jalil Lespert, Armelle Deutsch, Simon Abkarian
Réalisateurs : Herve Hadmar
Studio Canal Video
Date de sortie du DVD : 5 janvier 2010

2 commentaires pour le moment

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  1. R2rien

    super série ! çà a été une claque :) je suis totalement d’accord avec ton j’aime/j’aime pas ! surtout la séquence tatouage je me suis fais la même réflexion

  2. Olivier

    Grosse frustration à la fin de cette série, genre deux ans d’attente… Sinon pour le tatoo le réalisme aurait killé le côté glamour… donc le choix est rapide à défaut d’être efficace.