2010
Pour bien commencer la rentrée, Skulking est allé explorer les entrailles cinématographiques, afin de vous trouver une perle rare… Les Chroniques de Mars comme certains d’entre vous s’en doutent, font référence au Cycle de Mars d’Edgar Rice Burroughs, et plus particulièrement le premier tome de la saga qui en compte plus d’une dizaine : « Les conquérants de Mars ».
Alors, vous connaissez peut-être le principe des chroniques bières chips ? C’est à la hauteur de l’alcoolémie et du gras d’huile de palme que l’on mesure la qualité d’un nanar. Eh bien oui, nous parlons d’entrailles cinématographiques ou télévisuelles, pas de réalisateurs ouzbeks géniaux et forcément méconnus.
Le roman, sorti en 1917, comptait les aventures fantasy et science-fiction, d’un vétéran de la guerre de Sécession, John Carter, qui accédait à Mars par l’intermédiaire d’une grotte… S’en suivaient des mésaventures hautes en couleur, sur le sol de cette planète. (Amour, gloire et beauté tout ça, tout ça !)
Le film Les Chroniques de Mars nous montre un routard, John Carter, qui pendant la guerre en Afghanistan ou Irak se fait blesser, la NSA/CIA/son commandement, décident, plutôt que de le laisser mourir de sa blessure, de le soigner via un nouveau procédé : la téléportation ! Oui la téléportation par la déconstruction et la reconstruction des atomes, soigne… ça laisse rêveur (tous les rôlistes se jettent en l’air !). Notre héros est donc téléporté/soigné sur Mars 216, un corps céleste d’Alpha du Centaure. Nu comme un ver sur cette planète il va assister et prendre parti à un conflit entre deux races, rencontrera l’amour de sa vie, etc.
On oubliera tout le côté Pulp des conquérants de Mars pour jouer totalement sur le côté cheap de la production. Le héros, John Carter est incarné par Antonio Sabato, plus connu pour les publicités de sous-vêtements CK que pour sa filmographie… Il donnera la réplique à Traci Lords, la princesse de Mars, généralement célébrée pour sa carrière érotique dans les années 80 (néanmoins depuis les années 2000, elle a été relativement active, et on la retrouve par exemple dans Zack et Miri font un porno en 2008) et à Chako Vadaketh (inconnu au bataillon-pour info le grand méchant du film).
Pour le reste, il y aura quelques figurants qui se battront pour récupérer les miettes budgétaires du film, un musicien avec un bon synthé (enfin, si on veut), des décors naturels, un peu de photographie (hop un filtre rouge par ci, un filtre jaune ou vert par là) et un costumier qui fait les fonds de tiroir de « Vive la fête » afin de trouver la perruque ou le masque en latex qui vont bien ; ainsi qu’un informaticien possédant une copie crackée du programme utilisé par l’équipe de Peter Jackson pour le Seigneur des Anneaux.
Ce qui tue dans ce film, c’est l’aplomb avec lequel le réalisateur Mark Atkins nous assomme de plans moisis, surenchérit avec des dialogues creux et permet aux acteurs de laisser libre cours à leur majestueuse créativité… Le choix d’Antonio Sabato passe malgré tout relativement bien, et les quelques touches d’humour permettent de survivre à l’atmosphère martienne. Traci Lords dans le rôle de la princesse de Mars est déjà beaucoup plus dur à valider, car la quarantaine crédible n’est pas pour autant la noble jeunesse survoltée …Le grand méchant Chako Vakadeth est invisible, voire inutile (on appréciera son énooorme talent d’épéiste), le doublage français, quant à lui, offre un relief comique surprenant avec la touche « Hassan Céhaif » (Ndrl : Les Nuls).
Les restrictions de budget étant ce qu’elles sont, on oublie tout le panel des créatures de Mars, pour offrir au spectateur la gamme « insectoïdes low cost ». Y’en a partout ! Des vrais en plastoc qui sautent au visage des acteurs, des faux animés via PC (oui, oui les taches noires qui attaquent Traci Lords dans la cage en bambou …). Les morts de ces insectes virtuels sont magnifiées une fois encore par la maestria de Mark Atkins et c’est tout juste si on n’a pas la larme à l’œil a la fin de chacune de ces pauvres bestioles (parce que ça pique, en fait, mais faut pas le dire).
Les restrictions de budget étant ce qu’elles sont, on oublie les costumes, pour aller récupérer ceux d’un péplum quelconque, on prend trois tonnes de latex et on fait une dizaine de masques (pas classes surtout, on pourrait être crédibles), on choisit de grands figurants (‘parait que ce sont des benêts, on les paiera moins cher) et c’est parti pour une invitation à l’exotisme extrême.
Je ne vous dévoilerai absolument pas le pitch, ni le final (bon, il y a quand même un hommage à Jean Michel Jarre) mais avec beaucoup de bières, quelques pizzas, si vous ne le zieutez pas trop tard, vous devriez bien rire. L’heure tardive de visionnage est réellement un risque, car l’assoupissement est bien réel avec Les Chroniques de Mars. On était parti sur du Pulp, on termine par de la pulpe de cerveau… Et comme dirait l’autre : un mars et ça repart…
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ça aurait mérité une analyse pédante !
Ce film est peut être un poil trop récent pour susciter l’intérêt des recteurs/bretteurs des Carnets de la Troile ? ^^
Je sais que ça peut faire un peu SM mais y a moyen de le voir en 3D?
Bah disons que la 3D c’est une affaire de connections neuronales, je ne suis pas certain que le réalisateur puisse dire qu’il en possède…
Sérieusement vu le budget du film je doute qu’il soit trouvable en 3D, même si Avatar (en 3D lui) à tout pompé dessus (ce n’est pas moi qui le dit c’est l’affiche).
Et sinon je te confirme tu es bien maso… ^^