04.01
2010

Bronson

Ah oui ! Après les fans de Manson (Charly ou Marilyn), je vais vous parler de Charly Bronson. Forcément, on pense au fameux « justicier dans la ville », mais ce n’est pas de l’acteur au faciès inaltérable et au regard d’acier dont je vais vous parler. Charly Bronson, de son vrai nom Michael Peterson, est une petite frappe anglaise qui n’a cessé de vivre dans la violence et dont Nicolas Winding Refn (Pusher entre autres) nous dépeint la vie. J’ai adoré la trilogie Pusher, bon ça arrive, j’attendais avec impatience ce film et lorsque j’ai vu la bande-annonce (ou trailer pour les fans des Carnets de la toile), je suis parti en courant. C’était puant, facile et bourrin : rien à voir avec ce qui m’avait tant plu précédemment dans le travail de Nicolas Winding Refn. Sortie du Blu-Ray le 1er décembre 2009, passant outre mon premier rapport épidermique avec ce film, j’ai finalement décidé de franchir le seuil de l’écran plat.

1974. Livré à lui-même, Michael Peterson, 19 ans, cherche à faire la une des journaux : rêvant de devenir célèbre, il tente de braquer un bureau de poste avec un fusil à canon scié qu’il a lui-même bricolé. Rapidement interpelé, il est d’abord condamné à sept ans de prison. A ce jour, il a passé 34 années en prison, dont 30 en cellule d’isolement.


Ça sent le biopic non ? Oui clairement, Bronson (le film) se propose par le menu de couvrir les éléments marquants de la vie de Bronson (l’individu), cas réellement unique en Angleterre. Dès le premier regard, on est accroché par le prisme qu’utilise magistralement Nicolas Winding Refn pour nous emmener au sein de l’univers carcéral. Film sur la prison et les prisonniers, Bronson présente le cas d’un homme dont le seul but est d’être connu et respecté. Connu pour quoi ? Pour son talent ? Ses exploits ? Difficile lorsque l’on vit en prison… Charly va donc s’atteler à faire de son terrain de jeu (les cellules et autres couloirs sordides – il est passé dans plus de 120 établissements), une zone où il pourra s’exprimer avec excès et se faire connaître. La gloire par le cassage de bras, quoi…

Ce film est un aimant. Dès les premières scènes, on est captivé, pas forcément par l’histoire, tiens une prison, tiens une autre… Non, on est fasciné par l’acteur (Thomas Hardy) qui tel le naga nous hypnotise par son jeu, son regard, son mouvement. Hardy fait un one man show hallucinant pendant toute la durée du long métrage, et incarne parfaitement Bronson. Certaines poses sont clairement issues du cirque (façon clowns) et on passera de phases relativement intimes à des passages grand-guignolesques…Bien évidemment, sur l’utilisation de la musique classique soutenant des scènes relativement violentes, on pensera à Orange Mécanique ; néanmoins, le fond n’est pas exactement le même. Ce film, avec ses nombreux tiroirs, nous propose par une mise en scène riche, une photographie impeccable et tous les éléments précités, de nous faire ressentir l’impossible. Bronson n’est pas fou (mais pas loin), il a des buts ingérables et il est difficile de se mettre à la place de cet homme. Bronson ne sait même pas ce qu’il attend au final. Ce vers quoi il tend ? Mais Bronson veut continuer à avancer de cette manière-là, totalement animale… Et cette animalité, ce décalage, cette errance, n’importe quel spectateur la sentira vibrer au fond de lui. Présente pour le temps du spectacle entre les mains du dompteur Refn. Spectacle, oui Bronson c’est du spectacle, et nous les spectateurs nous sommes les enfants qui regardons ce grand cirque sanglant et sombre. Bouche bée, les yeux grands ouverts.

Le film couvre l’essentiel de la vie de Charly Bronson, on loupe la conversion à l’Islam, son travail d’écriture mais on plonge un peu dans son approche picturale, donc je ne vais pas me plaindre.

Au final, j’ai été très agréablement surpris. Vu la bande-annonce, je m’attendais à un cauchemar appesanti par des plans limite « putassiers » sur le personnage, mais contrairement à cela, je me suis retrouvé avec des plans-séquences délirants (certains peuvent faire penser à Vol au-dessus d’un Nid de Coucou, ou pour les non-cinéphiles, au premier clip de Green Day). La musique est emphatique au possible (sauf pendant la boom chez les chtarbés), mais elle raconte à sa manière une histoire et nous prépare, souvent, à la « tragédie » à venir. De plus, nous avons la prestation phénoménale de Thomas Hardy, ce qui ne gâte rien. Ce n’est plus Pusher, le thème n’est pas si éloigné, mais les moyens mis en place n’ont vraiment plus rien à voir. Donc clairement je le recommande.

Durée : 1h32 min

Année de production : 2009
Sortie en DVD : 01/12/2009

1 commentaire pour l'instant

Ajoutez votre commentaire
  1. monsieurwar

    ah quand même