2010
Chers amis, cupides admiratrices, mesdemoiselles enamourées par l’aura (mawashi geri) de puissance de l’imbitable pédantise, votre serviteur Monsieurwar est heureux, ce soir, de vous présenter un court article de survie en milieu gauchiste hostile. En effet, tous ne comprennent pas encore l’inévitable marche pédante du monde moderne et s’accrochent à de vieux lambeaux obsolètes et archaïques de courtoisie, d’empathie et, même, je vous le jure, d’idéal de justice et d’objectivité. Bien que cela soit risible et isolé, il nous faut réagir avec la plus grande fermeté. Voici, donc, à votre attention, chers disciples, un petit lexique qui vous permettra, avant notre grand séminaire payant (689 € la demi-journée par personne, hors frais de restauration et d’hébergement), de vous familiariser avec le langage des vainqueurs !
On ne dit pas : « je suis heureux de vous voir ». On dit : « vous avez de la chance de me rencontrer. »
On ne dit pas : « les intégristes ont pignon sur rue, c’est scandaleux ». On dit : « je vais à la messe avec un vrai curé. »
On ne dit pas : « les choses sont compliquées ». On dit : « les autres sont des cons. »
On ne dit pas : « des soupçons pèsent sur l’honnêteté de certains milieux politico-financiers. » On dit : « papa va au travail. »
On ne dit pas : « cette femme est d’une rare beauté, et d’une classe folle. » On dit : « avec un resto à 200 €, vin compris, je me la tape. »
On ne dit pas : « les frontières naturelles de l’Europe sont floues. » On dit : « l’Europe est un club de chrétiens. »
On ne dit pas : « je t’aime. » On dit : « je te quitte pour te protéger. Tu ne peux pas comprendre. »
On ne dit pas : « attendons un peu avant d’évaluer la situation. » On dit : « assez d’hypocrisie, pauvre enculé ! »
On ne dit pas : « les causes du chômage sont complexes. » On dit : « va bosser, feignasse de parasite. »
On ne dit pas : « Bonjour. » On ne dit rien et on attend que les autres nous remercient d’être là.
On ne dit pas : « Au revoir ». On se lève et on s’en va sans rien dire en prenant l’air occupé.
On ne dit pas : « cette personne est agréable et intelligente. » On dit : « j’ai entendu des choses pas très propres sur son compte. »
On ne dit pas : « je suis touché de cette attention. » On dit : « que m’offrez-vous en échange ? »
On ne dit pas : « DSK est un candidat crédible pour la gauche. » On dit : « DSK est un candidat excellent pour nous. »
On ne dit pas : « supprimer des cours d’histoire est préjudiciable ». On dit : « moi, je me tourne vers le futur parce que le monde bouge. »
On ne dit pas : « sic transit gloria mundi. » On dit : « à mon tour d’être le patron, ça va saigner. »
On ne dit pas : « je n’aime pas être importuné, monsieur. » On ne dit rien, on sourit au monsieur et on le méprise.
On ne dit pas : « mon ami. » On dit : « cher ami. »
On ne dit pas : « régression. » On dit : « réforme. »
On ne dit pas : « injustice. » On dit : « nécessité. »
On ne dit pas : « Rimbaud ». On dit : « warrior. » (oui, je sais, je sais…)
On ne dit pas : « il faut analyser la situation. » On dit : « pas cool, je m’en vais. »
On ne dit pas : « je me rends à la bibliothèque. » On dit : « je vais à un cocktail mondain. »
On ne dit pas : « merci d’avoir lu mes bêtises. » On dit : « alors, tas de larves, vous avez compris comment ça marche maintenant ? »
Vivement le séminaire pédant !
Votre dévoué, Monsieurwar.
gros pouce en l’air mour maxiwar !!
Et ça encore, c’est que ce que l’on dit… Imaginez ce qu’on pense . Ah bah non, pas les moyens.
@wag : ah ben oui, c’est ça !
j’ai bien aimé le rimbaut warrior… bravo!